Intrigue principale Classe de 2 EL B

 
 
 
 
Ce soir-là, dans une ruelle sombre et déserte éloignée du centre agité de la ville, une femme vêtue de noir surgit, le visage recouvert d'un voile en soie foncée ; soudain, sortant de nulle part, un cheval allant au galop la frôla.
 
Tout avait commencé dans un quartier riche de Paris, au fond d'une sombre rue du quartier du Louvre qui avait la particularité d'être faiblement illuminée. Elle n'était éclairée que par la lueur tremblante des lampadaires à huile.
Quelques heures auparavant, cette dame avait quitté le cimetière Montmartre où elle était allée se recueillir sur la tombe de son défunt mari. Retrouvant la ville, avec de tristes idées en tête, elle ne s'était pas sentie bien. Un besoin de prendre un peu d'air avant de rentrer chez elle l'avait propulsée.
Elle avait alors pris un fiacre, qui à cause des intempéries, avait cassé un essieu. Elle était descendue place Vendôme et se dirigeait vers la rue Saint-Augustin.
Elle passa alors dans une rue qu'elle ne connaissait pas, bordée de grandes maisons à trois étages, faites en briques avec des fenêtres de bois massif. L'endroit était encore plus sombre. Elle s'avançait avec frayeur, entourée de grandes demeures bourgeoises, sursautant à chaque claquement de volet. Des rats sortaient des monceaux de déchets jetés par le voisinage, des chats jaillissaient de part et d'autre.
Tout à coup elle vit une ombre démesurée passer devant elle : ce n'était qu'un chien errant, boitant et recouvert de neige. Avec ses talons longs et trop fins pour la saison, elle n'arrêtait pas de tomber. L'hiver recouvrait la chaussée de verglas et un vent neigeux ne cessait de soulever son voile. Elle avait attrapé froid. Elle chercha un mouchoir. La ruelle était déserte. Elle savait bien que les rues de ce quartier étaient étroites et obscures. Sa solitude l'inquiéta. Elle se sentait perdue, plongée dans ses pensées.
À cette époque, les bourgeois avaient repris le pouvoir et trompaient les pauvres. Même après la révolution de Février 1848 contre le régime de Louis-Philippe, qui normalement aurait dû améliorer les conditions de vie du peuple. Une situation économique déplorable rendait l'existence des gens les moins riches, des ouvriers, des artisans modestes, de plus en plus difficile.
Jules Marlaud, dont la boutique était fréquentée par la dame en noir, trouvait que la vie des petites gens devenait bien rude ! La jeune femme en noir y allait fréquemment commander et récupérer des vêtements de scène pour son école de danse. Elle aussi était très préoccupée par la crise économique. Elle se rappelait qu'un soir, elle avait croisé une mendiante qui lui avait dit :
" - Ma bonne dame avez-vous une pièce pour une pauvre vieille femme ?
La femme en noir, un peu surprise et à la fois gênée, lui avait répondu :
- Je suis désolée mais, je n'ai pas d'argent !
Mais voyant que la pauvre femme semblait avoir très faim, elle avait pris la décision de l'aider.
- Venez manger chez moi, cela me fera plaisir d'avoir un peu de compagnie et vous, vous vous sentirez moins seule ! "
Confuse, la mendiante, appelée Estella, avait cependant accepté d'aller manger chez " la bonne dame." Ce soir là, Estella lui avait raconté son histoire , son immigration clandestine depuis le Portugal.
 Plus tard, la dame en noir se rappela aussi de Boris et de Jacqueline, des amis de son pauvre père. Lors de ses funérailles, Boris, Jacqueline et elle-même, avaient fait connaissance. Le couple l'avait invitée à dîner, dès le lendemain. Depuis, ils se fréquentaient souvent. Ils se comportaient comme ses nouveaux parents et quand elle pensait à eux, cela lui faisait plaisir et chaud au cœur.
 
Elle repensait à son mari qui venait de mourir récemment. La jeune veuve ressentait un sentiment de honte, elle trompait son mari et ne lui accordait pas le temps qu'il désirait. Elle regrettait de ne pas avoir assez profité de cet homme bon et chaleureux qui ne désirait que son bonheur, alors qu'elle même ne voulait que profiter de ses biens. Sa culpabilité semblait difficile à assumer et au fond d'elle-même elle éprouvait une forte peine. Mais, dans le même temps, elle ne pouvait s'empêcher de penser à son amant qu'elle devait rejoindre le soir même. Il était parti en voyage dans un autre pays pour exécuter un ballet et la jeune femme en noir appelée Clotilde ne l'avait pas revu depuis un mois !
 
 
 
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Résumé
A suivre !