Projet Culture et lien social avec Patricia Baud, auteur-photographe et Alain Bellet, écrivain
Marne-la-Vallée (Habitants de Noisiel, Torcy, Lognes...)
Soutenu par 

Le Ministère de la Culture (DRAC d'Ile de France)
Politique de la ville, Délégation de la Préfecture de Seine-et-Marne (CEGET)
L'OMAC, Office Municipal d'Animation de la Cité, Torcy

           


Du 6 février au 16 février 2021
Une photo par jour !
Réalisation des portes-folios
et mise en ligne
Patricia Baud

Atelier Images et Mots - Voyages en grande terre, Portes de découvertes

Textes écrits pendant la période de confinement et de couvre-feu, en contrepoint des rendez-vous
en distanciels d'échanges et de suivis avec les membres des groupes d'Images et de Mots

Proposition d’écriture à distance du 20 novembre 2020
 
Walter Benjamin, voyageur parisien

Walter Benjamin, voyageur parisien, est un philosophe, historien de l’art, critique littéraire, critique d’art, traducteur de Baudelaire, né en 1892 à Berlin et mort en septembre 1940 en Espagne. Allemand d’origine, il voyage plusieurs fois à Paris et y séjourne pour réaliser son grand projet : une vaste enquête sur le Paris du XIXème siècle. Son suicide en 1940 mettra un terme à ses notes.
Ce qui fascinait particulièrement Benjamin, c’étaient les passages couverts de Paris, les premières galeries marchandes. Une innovation parisienne du XVIIIème siècle, avant nos grandes surfaces. Il découvre ces temples de la consommation, d’abord à travers les clichés de la photographe allemande Germaine Krull (1897-1985), grande voyageuse et reporter, correspondante de guerre en Indochine…
 
Bibliographie de Walter Benjamin : “Le livre des passages. Paris capitale du XIXème siècle”
Proposition d’écriture :
 
Nous sommes tous allés faire nos courses dans un supermarché, fréquenté des grandes surfaces, racontez…
Deux propositions :
            1) D’une manière burlesque ou humoristique, vous racontez une petite histoire qui se passe dans un supermarché au “je” ou au “il”, témoignage ou purement imaginaire ?
            2) Un conte fantastique où tous les acheteurs et/ou objets de la grande surface se mettent en scène d’une manière merveilleuse, humoristique…
 
HUMOUR : Forme d’esprit qui consiste à présenter la réalité de manière à dégager les aspects plaisants et insolites.
GROTTESQUE : Risible par son apparence bizarre, caricaturale. Synonyme : Extravagant
BURLESQUE : Vient de Burlesco : la plaisanterie
D’un comique extravagant et déroutant. 
D’une fantaisie bouffonne et souvent outrée.
Style ou genre dont le comique provient d’un contraste entre le style familier, trivial et le sujet noble, héroïque. Se prête à des personnages dont les actions sont ridicules et les paroles grossières.
 Ce sont des pistes à explorer mais libre à vous de vous faire plaisir en retraçant un épisode de courses héroïques ou bouffonnes en grande surface.
Pour se distraire un peu…

COUP DE FOUDRE AU SUPERMARCHE / Alix

 
A la fin du déconfinement, Michael, un étudiant en médecine à Paris, fait ses courses au supermarché. Plus rien dans le frigo et les fêtes de fin d’années arrivent. Le supermarché n’est pas loin de chez lui, un T2 confortable en duplex. C’est bientôt Noël et il s’apprête à le fêter seul. Originaire de Lyon, toute sa famille est là-bas. Pour ses révisions pour ses examens, Michael préfère ne pas bouger de chez lui. Bien qu’il ne craigne pas la solitude, il maudit qu’en plus, sa voiture soit au garage. Michael ne fume pas, ne boit pas, et adore comme les enfants le chocolat chaud et les bonbons. D’ailleurs sur sa liste de courses, c’est souligné, les bonbons.
 
Une fois descendu, devant le supermarché, il y vit une foule et une longue file de queue. La patience n’est pas son fort, mais il prit son courage à deux mains.
Devant lui, il y avait une femme aux cheveux très court, habillée simplement avec une écharpe d’Harry Potter : la maison de Gryffondor rouge et or. Comme la vie est bizarre, lui ce matin, il hésitait entre deux écharpes et avait fini par prendre celui de Serpentard de couleur vert.
De nature timide, pourtant ce jour-là, il aborda la jeune femme et lui dit :
- Bonjour, vous aussi êtes fan de Harry Potter, à ce que je vois ?
La femme au regard intense et mélancolique à la fois, ne comprit pas tout de suite. Elle enleva ses écouteurs, et le fit répéter.
- Oh oui, Monsieur, excusez -moi, j’écoutais de la musique.
- Il n’y pas de mal à cela, vu le temps qu’on va mettre à attendre.
Vous écoutez quoi sans indiscrétion ?
- Du ACDC dit-elle avec gêne.
- Wouah, s’exclama-t-il, vous avez du gout.
Plus le temps passait et plus ils discutèrent de tout et de rien. Des rires s’enchainaient sur des anecdotes, à propos de tel ou tel film. Michael apprit son prénom : Améthyste, il en fut charmé. Charmé aussi, qu’elle soit éducatrice pour enfants autistes, et qu’elle habite dans la rue d’en face…
Puis ils arrivèrent devant l’entrée du magasin. Mickael lui proposa de continuer leur conversation à l’intérieur. Elle en était toute ravie.
Plus ils cherchaient à se connaitre, plus ils s’appréciaient. Dans les rayons, dans leurs achats, ils avaient le même gout. En revanche, au rayon PQ, elle prit triple épaisseur tandis que lui, le moins cher possible mais de grande quantité.
Tandis qu’ils discutaient, il lui demanda :
- Quelle est votre plat préféré ?
- Je n’en ai pas, j’aime manger ! répondit-elle en riant.
- Moi, ce sont les lasagnes, lui dit- il.
- Oh oui ! Comme Garfied, le chat ! C’est délicieusement gras, ça. Et ils sourirent ensemble.
Enfin en caisse, croyant qu’ils étaient en couple, la caissière scanna tous les articles. Et eux, comme ils parlaient et étaient dans une bulle, ils n’avaient pas fait attention à ce qui se passait.
Pour aller plus vite, Améthyste proposa de tout payer et qu’il lui fasse des lasagnes.
Il fut agréablement surpris et accepta. Ils s’échangèrent leur numéro, et rentrèrent chacun de son côté.
 
Le cœur léger, Michael n’allait pas être seul le soir de Noël, il se dit amoureux au premier regard, mais était-ce réciproque ?
Il s’en foutait. Il avait envie de la revoir le plus vite possible.
Arrivé au tournant d’une ruelle, il aperçut un fleuriste et avec l’élan du cœur, il acheta des violettes et courut les apporter devant chez elle.
 
Améthyste, étonnée de sa fougue, lui rappela qu’elle avait un passé difficile avec les hommes … Mais elle lui dit doucement :
- Merci pour les violettes, couleurs améthyste… Je vais réessayer à profiter de la vie, car j’ai passé un moment exquis en ta compagnie.
Alors qu’elle n’aime aucunement discuter d’elle avec un inconnu, au supermarché qui plus est.
- Viens monte, je vais te présenter mon bébé.
Michael eut un moment de crainte.
- Je te rassure, c’est mon chien, un chiba… Il s’appelle Smaug ! je dois le sortir.
- En plus tu es fan des Seigneurs des Anneaux, wouah ! Je t’aime déjà ! dit-il en plaisantant, mais il le pensait.
 
Ils déposèrent les fleurs, promenèrent le chien toute l’après- midi…

PETITE HISTOIRE BURLESQUE DANS UN SUPERMARCHE/  Colette
 

Aglaé faisait ses courses en vitesse avant l’annonce officielle du confinement Mais la nouvelle avait fuité et il y avait beaucoup de monde s’empressant d’entasser les paquets de pâtes, sucre et barquettes de viande sans oublier le gel, les lingettes et …papier toilette. Il lui fallait peu de choses, vu qu’elle allait plutôt dans les petits commerces.
Mais là, sa librairie était fermée comme tous les lundis et surtout elle ne faisait pas de système de précommande.
Aglaé voulait du rêve, de l’évasion, des émotions. Elle trouva vite ce qu’elle cherchait, juste derrière les best- seller habituels dont elle n’avait que faire.
Elle avait déniché un roman au titre prometteur : « les crayons de couleurs », ça tombait à pic avec toute la grisaille ambiante.
Un roman de Franck Bouysse qu’elle adorait et qui la surprenait à chaque lecture, parce qu’un bon roman noir, ça faisait oublier la noirceur de la vie réelle parfois ; elle prit deux autres ouvrages abordant ses thèmes de prédilection : l’entraide, et le voyage puis une romance, ç’était parfait dans cette période de chacun pour soi. Elle ajouta un essai sur les liens inter-générations et un album de coloriage créatif.
Elle allait les poser dans son panier quand une vieille mémé l’agressa verbalement : 
    - Qu’est-ce que vous foutez dans ce rayon c’est des pâtes et de l’huile qu’il faut acheter, allez virez moi de là, vous encombrez l’allée !
Aglaé la regarda éberluée. Elle lui fit remarquer en souriant que :
    -1 Elle n’avait que son panier posé gentiment à ses pieds et ce n’est pas lui qui encombrait l’allée ! 2- Elle n’avait pas à lui dicter ce qu’elle devait acheter. 3 - à son âge avait-elle vraiment besoin des dizaines de paquets de pates et les six barquettes de viande ? Pensait-elle aux femmes qui élevaient de grandes familles et qui risquaient de trouver les rayons vides le soir ou le lendemain ?

Mais la mégère continuait à soupirer et à la regarder méchamment, elle perdait patience en même temps que son souffle, faisant de grands moulinets avec ses bras jusqu’à tomber en arrière juste sur le bord du caddie d’un brave homme qui souriait en découvrant la scène.
Aglaé se retenait de rire elle aussi et elle était tentée de filer sans prêter main forte à l’homme pour relever la harpie, car, Covid oblige, ils n’étaient pas tenus de la toucher et auraient pu la laisser agoniser au milieu de la ronde des chariots, certains circulant à vive allure, pour lui apprendre le savoir- vivre et le partage.
Mais l’un comme l’autre étant des gens gais et compatissants, ils relevèrent donc la vieille femme non sans commentaires :
    - Madame, la prochaine fois, pour faire vos courses, mettez un casque !
    - Et surtout, n’oubliez pas de rêver, ça fait du bien, mieux que votre Paris Match ! »
Aglaé alla remplir son panier de quelques vivres, et passa à la caisse avec ses livres, le sourire aux lèvres, impatiente d’y puiser de l’énergie, de s’évader, de voyager. Le soir, regardant le discours morose du Président, elle sourit quand il parla des produits non essentiels. Elle, elle avait fait provision de bonheur !

DIALOGUE ENTRE ARTICLES/  Colette
 

  • Au rayon Savon, c’est le désert, et Dentifrice et Brosses à dents sont un peu inquiets :
  • - Eh tu as vu à côté ? Je n’ycomprends rien, d’habitude avant le vendredi soir ce n’est pas au Savon qu’y avait plus rien en rayon, c’était plutôt chez les Bières !
  • - Ben oui, t’as raison, moi j’ai cru qu’ils allaient se jeter sur Gel douche, mais bon ce n’est pas le même prix !
  • - Oui, mais que veux-tu,  ils vont quand même pas se désinfecter avec de la bibine, vu qu’y a plus de gel hydromachin non plus !
  • - Mais qu’est-ce qu’y se passe au juste depuis des mois ?
  • - Ben y parait qu’y a une pandémie, c’est quoi c’truc ?
  • - Moi j’ les entends  tous parler de  vaccin,… Ben y vont pas quand même le faire avec du Colgate ou du Sensodyne !
  • - Ah ça tu n’en sais rien, maintenant on voit de tout ; au fait, j’ai vu une vieille qu’avait 5 paquets de 24 rouleaux de PQ !
  • - Ah la vache, la pandémie, ça doit bousiller les intestins !
  • - Surtout, y ‘en a plein qui disent que c’est à cause des pangolins, tu connais toi ? Un truc chelou !
  • - Y’en a qui disent que tous ceux qui meurent dans les maisons de retraite c’est à cause du Vide-19, t’y crois toi ? Faut faire gaffe y’a beaucoup de fake-news !
  • - D’abord c’est la Covid-19, enfin bientôt 21. Et tu as été chercher ça où, les Fakemachinchose ?
  • - C'est les jeunes quand ils passent en rayon ils ont toujours des mots anglais à la bouche.
  • - Et le rayon Entretien c’est pareil, c’est le désert plus de gants ni de lingettes,  et c’est à peine si tu peux trouver un paquet d’éponges !
  • - Enfin moi, j’ai hâte qu’on soit à Noël, y vont remettre d’la marchandise à côté, et ils finiront en cadeaux.
  • - Ouais avec du beau papier ! « Ma chérie cette année je t’offre du savon, et puis j’t ai aussi pris des lingettes, et des masques. Alors il est pas gentil ton p’tit mari ?
  • - Ouais mais ça fait pas nos affaires tout ça, c’est quand qu’ils auront besoin de dentifrice en guise de désinfectant ?
  • - Ben, Rendez-vous dans un an !

  • SUPERMARCHES/ Joël
     
     Il est vingt-trois heures, je note sur l’agenda électronique de mon téléphone, demain, je dois aller au supermarché.
     Dans la nuit, je fais un cauchemar. Je suis en 2030 et je pénètre dans le nouveau supermarché « New-Retail » installé à Champs-sur-Marne depuis un mois.
    Ce supermarché numérique n'a plus de caissière, et très peu de personnel. Tout fonctionne grâce à des capteurs et des caméras.
    Plusieurs possibilités sont offertes. J'utilise mon smartphone, après avoir téléchargé l'application, crée un compte et entré ma carte bancaire. Je peux commencer mes courses. J'enregistre chaque article en scannant son code barre. En scannant le code d'un produit, on me renseigne sur son origine, sa composition, et l’on me propose des produits similaires.
    Chez moi, je peux aussi utiliser l'application Yuca, indépendante des marques qui renseigne sur la qualité des produits.,. (Teneur en sel, sucre, conservateurs...).
    Autre possibilité : J'utilise le système « Smile to pay », il suffit de regarder la caméra et de taper un code secret, pas besoin de sortir sa carte bancaire, il faut juste posséder un compte Alipay.
    Tous mes achats tapés sur mon smartphone sont enregistrés par la reconnaissance faciale des caméras, permettant d'analyser mes comportements d'achats, de définir mon profil et ainsi me proposer des produits qui sont susceptibles de me plaire en fonction des prix et des saisons. (C'est super chouette, je n'ai plus besoin de flâner dans les magasins, marchés, dans la foule pour chercher, on me mâche le travail !).
    Au détour d'un rayon je tombe sur une borne d'orientation à reconnaissance vocale ; elle indique où se trouve les produits dans le magasin. Au rayon alcool un mur interactif aiguille les clients dans le choix des bouteilles. Un peu plus loin, un mur d'écrans tactiles, au bout des doigts, présente 500 articles supplémentaires qui ne sont pas dans le magasin mais qui peuvent être livrés à domicile. Pour ceux qui ne souhaitent pas utiliser leur smartphone et ne pas scanner les 132 caméras de vidéosurveillance du magasin reconnaitront directement les produits que l'on met dans son panier. J'ai passé une heure dans le magasin, et n'ai adressé la parole à personne. Plus de caissière, plus de personnel pour renseigner, les clients trop occupés sur leur smartphone ou à sourire à la caméra, à taper sur les écrans tactiles. C'est très bien comme cela, m'a dit mon médecin traitant, relayé par les médias, les dirigeants, mon banquier : vous gagnez du temps, il n'y a plus de petits commerces et peu de personnel dans les supermarchés… Avant vous étiez obligé d'aller chez le boulanger, le boucher, l'épicier, le bureau de tabac... et à chaque fois l'obligation d'une relation humaine, d'un bonjour, d’un merci, des banalités et davantage de risques de transmission microbienne.
    C'est idyllique ! Shoping, école, courrier, travail, rencontre, détente, infos, art, amour, cinéma, sexe, échanges, tout avec mon ordinateur, ou mon téléphone.
    Après mon passage au supermarché, je vais contacter ma petite amie. Nous nous connaissons depuis six mois et échangeons par messages électroniques, webcam, téléphone, on a décidé de ne pas se voir physiquement. Avec la webcam, on partage tout (cuisine, travaux, films, sexe …) Je me promène de moins en moins, car je regarde plein de vidéos sur la nature. Je ne me pose plus de question, n'ai plus d'esprit critique, plus de mal être, je fais confiance à ceux qui savent, notre élite intellectuelle et bienpensante. Et j'ai remarqué que cela s'est accentué après que l'on m'a implanté une puce dans mon cerveau qui comme tous les vaccins a été rendu obligatoire.
    Horreur ! Je me réveille, je suis trempé de sueur, mon cœur bat très fort, je mets cinq minutes à me remettre… Ouf ! C'était un cauchemar !
     
     Je déjeune, et comme je suis en vacances à la campagne dans les Alpes, dans le village de mon épouse, je vais à pieds à la boulangerie, discute comme tous les jours avec la boulangère (je crois que j'ai un ticket !) achète de la viande chez le boucher, le journal local au bureau de tabac, une rose chez le fleuriste, je réserve quatre places à l'auberge pour déjeuner dimanche prochain avec des amis. À la terrasse du café des habitants du cru m'interpellent :
    -Eh, Joël, on est venu prendre l'air ? Allez, le Parisien, viens boire un coup de gnôle avec nous.
    L'après-midi on se rend au supermarché à taille humaine, avec des caissières caissiers, sans écran tactile de la ville moyenne la plus proche.
     
     La vraie vie ! Non ? Pour combien de temps encore ?
     Serions-nous la dernière génération à vivre normalement ?
     

    PENDANT LE COUVRE-FEU, LES JOUETS SE DIVERTISSENT  / Sylvie
    Et oui la pandémie de Covid 19 nous a obligé à  un nouvel confinement pour le mois de novembre.Mais c'est bien au mois de novembre que j'ai assisté à une belle soirée.
    Les jouets engoncés dans leurs boites, décidèrent une nuit de se divertir pendant le couvre-feu. A vingt heures précises, Ken sortit de sa boîte pour retrouver Barbie.
    Il l'embrassa chaleureusement, étant venu la chercher avec son cabriolet décapotable.
    Ils se dirigèrent directement vers les rayons de l'alimentation pour Noël, après avoir emprunté des assiettes et des couverts. Ils mangèrent de bon appétit, des oeuf de caviar, une tranche de foie gras et du saumon fumé. Le tout arrosé d'une bonne bouteille de Perrier. Puis Ken emporta sa belle vers le rayon de la hifi. Ils choisirent un rock endiablé et un slow.
    Ils dansèrent toute la nuit au son de cette musique familière. Éclairés par une boule à facettes et des spots que l'ours brun en peluche maitrise avec habileté. Le tambour décida de participer à la fête et avec les cymbales une jolie mélodie accompagna tous les danseurs. Car Barbie et Ken avaient décidé de nombreux amis à sortir de leur boite et à participer avec eux à cette grande discothèque qu'ils attendaient déjà depuis longtemps.
    Néanmoins, ils n'oubliaient pas les gestes barrières, le masque sur le nez, ils se désinfectaient régulièrement les mains avec du sha. Car bientôt le Père Noël les emportera pour être distribués à des enfants très très gentils. Mais tous étaient unanimes, il n'était pas question et ils ne s'en remettraient jamais si petits et grands devaient contracter la COVIDE 19. Barbie avait une guirlande autour du cou en guise de boa.Tous nos amis avaient décoré le sapin de Noël avec des guirlandes électriques et des boules fluorescentes. Mais il n'état pas question d'avoir un sapin découpé dans la forêt.
    Nous jetons déjà trop souvent du papier utilisé un instant afin de produire une attestation de déplacement dérogatoire, mais heureusement cette période était révolue.
    Mais Doly la poupée qui parle rappela à tous nos amis car il était déjà cinq heures trente et c'était malheureusement le moment de regagner sa boite et son emplacement dans le supermarché. Avec le balai et la brosse de ménage souvent offerts  à des filles soucieuses de faire comme Maman. Les allées du supermarché ont été nettoyées. Ce sont les lutins du Père Noël qui proposèrent de faire le travail afin de finir la soirée en beauté.
    Noellan la poupée qui marche, se dirigea vers le rayon des viennoiseries et ne put s'empêcher de manger des chouquettes qu'elle adorait. En un instant la lumière ordinaire éclaira le supermarché. Dans deux heures trente les clients ariverront dans les allées. Malheureusement, par décision présidentielle personne ne pouvait nous acheter.

    Des rubans rouges et blancs entouraient nos rayons. Interdit de nous acheter afin de ne pas faire de tort aux petits commerces indépendants. Après le 7 janvier déclara le clown, je vous emmènerai tous au restaurant pour fêter mon anniversaire car vous êtes vraiment mes amis les plus chers.

    MAIS OUI, L'ESPECE EST A NOUS / Patricia
     
    - Tu me fais croire, ou tu veux me faire croire que tous les aliments, objets de consommation s’articulent en lignes, en colonnes, comme des bons petits soldats pour notre sécurité alimentaire. Et pourquoi pas les remercier aussi de nous permettre de rester en vie, d’éviter la famine, de rendre heureux la famille.
    - Ce n’est pas ce que je veux dire, tu exagères toujours… Ce que j’essaye de te faire comprendre, c’est que les supermarchés, c’est une bonne invention avec la surpopulation. C’est grand et pratique, efficace dans leur conception et il y en a pour tous les goûts.
    - Pour tous les goûts ! Mais c’est là le problème… Moi, cela m’apporte aucun plaisir de goût. C’est plutôt le contraire… Les rayons alignés ne me racontent aucune histoire. La cellophane me refroidit, le plastique m’étouffe et m’encombre. Les barquettes, les empaquetages trop fonctionnels ou ridicules de logos, de déco, de propagandes insipides seraient sensés m’attirer voir de me personnaliser : “Madame emmenez- moi chez vous… Vous serez un roi, une reine. Je suis là pour organiser vos soirées et petit-déjeuner, pas ordinaire, bien sûr. Car, c’est votre choix !  Donc je ne peux pas être ordinaire, car je ne suis pas ordinaire mais spécialement préparé, conçu pour vous faire plaisir. Pour vous rassurer aussi, je suis à vous, vous me possédez, vous êtes devenue possédante. Achetez-moi deux fois, trois, toutes les fois et vous serez encore plus possédante. C’est ragoûtant, c’est abject…
     
    Mathilde toujours en colère et intraitable sur la société de consommation, de “merde”. C’est son expression favorite quand le quotidien devient lourd, fastidieux, trop réaliste pour elle.
    Avec Juliette, elles avançaient sur le parking avec leur caddy vide, contournant les voitures de plus en plus nombreuses avec la tombée de la nuit.
     
    - Avance Juliette, je ne veux pas suffoquer dans les allées du magasin à cause de la foule. Ces clients somnambules devenus égoïstes, personnels aux enfants Rois ! Et ce foutu masque qui me colle à la bouche et rend mes lunettes inefficaces.
     
    Mathilde et Juliette, voisines depuis une dizaine d’années et presque jumelles par l’âge, ont l’habitude, depuis trois ans de faire leurs courses ensemble.
    C’est moins déprimant argumente Mathilde. Courses de “première nécessité exclusivement,” depuis que Mathilde a revendiqué dans un accès de colère ou excès de colère “Tout sauf s’empoisonner” par la grande surface du coin. Elle devenait paranoïaque ! Mathilde en approchant de la retraite “Tout sauf le frais” et la culture chez ceux qui prennent des risques. Je ne veux pas engraisser ces capitalistes “de merde” possédant la moitié de la planète qui n’ont rien à faire de notre santé mentale ou physique. Révoltée, s’autoproclamant lucide, Mathilde avait décidé de réagir. Je ne suis pas une automate à la solde du profit !
    - Pourquoi automates ? avait demandé Juliette, très gentille, trop gentille pour Mathilde qui espérait la convertir. Moi, je prends le temps et je choisis que ce qui me fait vraiment plaisir.
    - Ah ! Toi, tu choisis, quelle naïve ! Conditionnée comme les autres, tu es. Qu’est-ce que tu crois. Madame sait se jouer du marketing planétaire. Madame est plus forte que le business acéré des loups voraces aux dents longues. Madame a de l’humour. Tant mieux nous allons fêter cela avec une bonne bouteille de bulles ou alors tu as un bon prof, Juliette, je te félicite répliqua Mathilde de bonne humeur revenue.
    - Non, je me respecte. J’achète toujours la même chose. Les têtes de gondoles, les promos, c’est pour les endormis. … Les directeurs augmentent les prix, puis les font baisser une semaine après, ni vu, ni connu. Je t’embrouille. Ou, alors, ils exploitent à mort le récoltant ou l’éleveur.
    - Tu te débrouilles ma Juliette. C’est toi qui paye la deuxième bouteille.
    - Avance Juliette… Nous on en a pour vingt minutes montre en main. Les badauds vont flemmarder pendant trois heures en rigolant de leur pouvoir d’achat. On va passer devant eux aux caisses. Les imbéciles, comme si, cela valait le coup, le temps de choisir. C’est toujours la même “merde”…
     
    Juliette, d’un tempérament plus calme, se demandait souvent si son amie pensait toujours ce qu’elle racontait ou en faisant toujours trop pour se rassurer. Quant à sa grossièreté, elle était légendaire. Un avoir de plus. Ou un état d’être… Ce samedi-là, comme les autres fois, l’humeur de Mathilde prenait le dessus des courses.
    Mais vivement ce soir, elles feront la fête avec du champagne, des olives, du foie gras, du saucisson etc.… Les caddys étaient pleins et l’humeur joyeuse en récompense.
     

    TERRE - CIEL  / Noëlla

    La corrélation entre l'espace et le temps intrigue.
    Mais quel temps ?
    Atemporel, temporel, spacio-temporel ?
    La grande verrière surplombée de dômes géodésiques sera le "point de fuite" pour remonter le temps. À cet instant, la lumière du jour inonde chaque panneau de verre et réchauffe les multiples arcs métalliques de la structure. Ce ciel ouvert sur l'imaginaire se métamorphose en espace poétique grâce aux œuvres de l'artiste Olafur Eliasson.
    Plusieurs sphères éclairées, composées de formes contemporaines en métal écrues et turquoises à l'intérieur. Elles me rappellent " les fleurs de neige" de Matisse.
    Je les regarde attentivement, les admire.
    Monter... ?
    Descendre... ? Pour les regarder vibrer, s'étirer, se rejoindre, s'entrelacent, rapetisser pour créer l'illusion avec de nouvelles perspectives.
    Au gré des changements de temps, elles animeront le ciel de verre, suspendues à différentes hauteurs.
    Lorsque que le soleil disparaît, l'œuvre dialogue avec le clair/obscur pour attirer l'œil du visiteur. Les facettes du dôme s'obscurcissent, valorisent les ombres, accentuées par le maillage noir. Une alliance indiscutable, qui projette des compositions aléatoires pour des histoires sans fin !
    Embarquement imminent sous une pluie de paillettes. La sphère se transforme en boule à facettes multicolores, le "dance-floor" quadrillé s'illumine pour célébrer le disco.
    Démarches chaloupées, coiffures afro, manteaux longs rouges pailletés, ouvert sur des combinaisons sexy, parsemées de strass, les trois choristes investissement la scène. Le légendaire Bobby surgit en esquissant quelques pas de danse, moulé, très moulé dans sa combinaison blanche brodée, pattes d'éléphants, ouverte jusqu'au nombril, dévoilant un torse velu, très velu !

    " Daddy Cool" enchaîne les tubes, encouragé par le public

    🎵🎶 Raspoutine, Sunny, rivers of Babylon. On entonne les refrains en se déhanchant sous les yeux des projecteurs. Boney M, nous a fait replonger avec bonheur au cœur de la fièvre du samedi soir. 
    🎶"Des rires et des chants"🎶 nous propulsent vers une nouvelle destination, où les parfums de la gourmandise nous plonge dans l'enfance.
    Avec Alice et Valentin, nous chevauchons des ballons translucides remplies de confettis et bonbons. Nous survolons "l'Ile aux enfants" et apercevons au centre la sphère en sucre d'orge où fusent 🎶 les rires et les chants".🎶
     
    Atterrissage en douceur sur de gros nounours et crocodiles acidulés en glissant sur des toboggans en pâte d'amande rehaussés de guimauve. Deux grosses paluches oranges accueillent mes p'tits choux pour un gros câlin, sur un air bien connu.

     🎶🎵 Voici venu le temps, 
    Des rires et des chants,
    Dans l'île aux enfants, 
    C’est tous les jours le printemps.
    C'est le pays Joyeux 
    Des enfants heureux, ....
    Là là là là là là là là là là là là là là….

    Casimir les entraîne dans une grande farandole tout autour de l'île, jusqu'au structures gonflables pour jouer à cachecache. Après une pause " gloubi -boulga" les p'tits gloutons lovés dans leur bonbon préféré, assistent au spectacle de la vedette.
     
    Terre Ciel : nom du centre commercial à Chelles
    2006 : concert de Boney M sur l'esplanade du centre commercial, un samedi en fin de journée
    2006 : Spectacle de Casimir le mercredi après-midi

    TU ENTRES DANS LE TEMPLE DE CONSOMMATE.../ Alain

    Tu entres dans le temple de Consommate, et tu t’asperges les mains !
    Tu pensais aux églises d’antan et à leurs bénitiers, là c’est pour être seul, propre, non touché par les gouttelettes d’autrui !
    A l’église, tu communies avec les autres, là, tu évites, ou alors vraiment on y va juste du bout du coude… Enfant, tu allais au temple, et les jours de communion et de sainte scène, tu te rinçais la dale d’une tirade de pinard avec les camarades, les frangins, les frères, les vieux, tous et toutes à la même coupelle, ceci est mon corps, pour la mie de pain, ceci est mon sang dit J(ean)-C(laude) pour le picrate plus ou moins de bonne qualité……  Jean-Claude, millésime 2020, année Covid, année d’Ovide autrement dit sans les travaux d’approches, ni amoureux, ni ceux d’Hercule, parole de Grec qui se la raconte triste dans le traiteur Dimitris qui n’a pas encore pendu sa crémaillère…
    Monoprix, ici, c’est la sacristie du quartier, la chapelle des sacro-saints portes-monnaies ouverts puis fermés, après l’obole. Le Bobo prie chez Monop, l’après-midi du samedi…
    Chacun prie pour lui dans sa file d’attente. Chacun pianote des sms comme autrefois les boulettess des machinettes à prier en rond…. Là, la terre te répond vite, avant, Dieu restait discret. Monop, illuminé, éclairé, décoré, c’est la cagnotte de Saint-Nicolas, les cadeaux en profusion, la tannière du Père-Noël avant l’heure, mais rassurez-vous le traineau et les grands rennes gris ont été remisés aux Buttes-Chaumont, tout près du faux lac, des faux rochers, des copies de cascades suspendues dans l’air des faux-semblants.
    Après les confinements, tu respires, au Monop ! Tu craques aussi, des nerfs, du portefeuille, de la carte-bleue soudain gondolée, siphonnée, brûlante et allégée, plus rapidement que tu pouvais le penser…
    Monop, ce n’est pas le supermarket, mais davantage la surface moyenne, une sorte d’humanité moyenne à portée de voisinage, de paluches, de sacs à roulettes pour préserver le dos et de possibilités budgétaires.
     
     
    Proposition d’écriture à distance du 4 décembre 2020
     
    Rencontres, ateliers Textes et Images « L’Aventurière aux semelles de vent »
    Alexandra David-Neel
    une française née dans la banlieue parisienne (1868-1969)
    Première personne d’origine occidentale à pénétrer au Tibet

    « Soyez à vous-même votre propre lumière. Soyez à vous-même votre propre refuge. Trouvez tout en soi ». Cette incitation à l’indépendance et sa rupture totale avec le catholicisme devient une philosophie de vie.

    Très tôt elle fugue pour quitter ses parents, principalement sa mère, pour la Hollande, l’Angleterre, la Suisse et l’Italie qu’elle découvre le plus souvent à pieds, mais dès l’enfance c’est la Chine qui la subjugue. En février 1891, elle embarque à Marseille pour Ceylan, puis gagne l’Inde. Elle écrit un carnet de voyage et son premier roman, Le Grand Art est autobiographique. Elle revient en France, apprend le chant lyrique et donne des concerts pour subvenir à ses besoins. Elle découvre Athènes, Tunis où elle rencontre son mari en 1904. Il l’incite à reprendre ses voyages en espérant la revoir bientôt. Il ne la reverra que quatorze ans plus tard. Ils s’écriront trois mille lettres…
    À quarante-trois ans, elle vit de ses articles de voyages dans la presse, et écrit L’Inde hier, aujourd’hui et demain. Elle débarque de nouveau en Inde, mais c’est au Tibet qu’elle veut aller. Elle adopte un jeune tibétain de quatorze ans, rencontré dans le pays.
    Alexandra choisit les chemins de traverse : Japon, Corée, Mongolie, qu’elle parcourt à pas lents pendant trois ans, logeant le soir avec son fils adoptif dans les monastères bouddhistes. À la fin d’octobre 1923, elle franchit l’interdit, pénètre clandestinement au Tibet, vêtue comme une mendiante, se fondant dans les groupes de pèlerins. Elle y restera deux mois et de retour en Inde, elle s’embarque pour retourner en Europe et y monnayer ses péripéties.  Elle deviendra riche et célèbre et achètera une propriété dans l’arrière-pays niçois baptisé « Samten-dzong, la forteresse de la méditation ». Bien sûr peu de personnes ont un destin comme Alexandra David-Neel, mais nous avons tous connu ou rencontré des personnalités qui nous ont marqué, auxquelles nous avons un peu emprunté notre philosophie de vie.

    Trois propositions d’écriture
    Vous en choisissez une, mais vous pouvez en faire deux, ou trois…

    1/ Racontez un héros du quotidien en le plaçant dans un petit récit imaginé ou en mémoire. 
    2/ Vous êtes héroïque et vous vous inventez un épisode de vie complètement sublimé. Petit texte narratif pour se faire plaisir et se propulser dans l’imaginaire des rencontres, des voyages, des instants qui nous marquent et nous façonnent.
    3/ Voyages, voyages… Vous prenez une carte ou un globe. Au hasard, vous pointez votre doigt sur un lieu et le récit commence, même si vous avez aucune idée de cet endroit, le nom devient évocateur et sujet de la découverte, de l’épopée, voire de l’intrigue…


    IL Y A LONGTEMPS, EN HAUTE-SAVOIE.../ Sylvie
  • Il y a longtemps de cela je me suis rendue dans une ville de Haute-Savoie, Annecy, pour y retrouver mon amie Véronique.
  • Tous les ans elle m'invite à passer chez elle une semaine et nous allons randonner dans la montagne.
  • J'étais descendue la voir elle, son mari Gilles, et les deux magnifiques filles qu'ils avaient maintenant. La décision était prise, nous allions nous promener à côté d'une cascade.
  • Arrivés près de cette cascade, avec Gilles, Véronique, et les deux filles.
  • Gilles fit un pari avec moi de sauter au-dessus de cette cascade. Gilles sauta habilement par-dessus la cascade, et il se retrouva sur l'autre rive. A mon tour de sauter…
  • Malheureusement, je n'atteins pas la rive, mon pied glissa sur le dernier galet et je me retrouvais dans cette eau froide. Gilles n'a eu que le temps de me tirer par mon tee-shirt. Il n'y a aucun doute, Gilles, ce jour-là, était le héros qui me sauva la vie.
  •  

  • VOYAGES, VOYAGES.../ Joël
  • 2022, le coronavirus est éradiqué, tous les pays du monde entier sont désormais accessibles aux touristes, je décide de réaliser une partie de mes rêves : aller visiter l'Antarctique, les pays nordiques et la Patagonie.
    Je pars pour trois mois pour un circuit organisé par les magazines Géo et National-Géographie qui présente la caractéristique d'alterner des séjours à l'hôtel et d’autres chez l'habitant, avec l'intervention de conférenciers, sur la géographie, l'histoire, les coutumes des sites visitées et sur les grands voyageurs et écrivains.
     Ainsi sont prévues des conférences sur Alexandra David Néel, Fernando de Magellan, le commandant Cousteau, Thomas Cook, Frison Roche, Haroun Tazieff, JB Vannier, Nelly Bly, la journaliste intrépide qui réalisa le voyage imaginée par Jules Verne dans « Le Tour du monde en quatre-vingt jours » en 1890.
    Puis Clarence Stinnes, riche héritière allemande qui, avec son caméraman, fit le tour du monde en voiture ainsi que Smith et Nelson, qui furent les premiers à faire le tour du monde en avion, Cristiano Kempf, auteur des livres « L’ours blanc » et enfin en Patagonie un concert est prévu avec des artistes locaux et Florent Pagny qui interprètera sa chanson « Une balade en Patagonie ». 
    Au niveau gastronomique, il est prévu de manger en priorité des produits locaux et des spécialités comme le saumon frais gravlaks et divers poissons, les kanelbullars, les pommes de terre Hasselbach, le ragout Kalops …. 
    L’Antarctique : un voyage inoubliable à travers les derniers espaces vierges de la planète. Des souvenirs inoubliables avec des photos extraordinaires. Des manchots barbus sur un iceberg avec leurs petits ébouriffés et joufflus, un orque venant respirer à la surface, des baleines à bosse qui nous escortent près du bateau pendant plusieurs minutes, les silhouettes surnaturelles des icebergs se dessinant sur le ciel bleu, l'éclat bleuté des glaciers, les pics enneigés, le froid cinglant de l'air, les cris des oiseaux, les vents polaires, les craquements de la glace.
    La Norvège : les Fiords, ces profondes vallées en U creusées dans la roche par le mouvement des glaciers formés il y a trois millions d'années. Le roi des fiords, le Sognefjord est le plus long et le plus profond du monde. Deux soirs de suite le bonheur absolu : ça déchire la nuit rapidement des aurores boréales, la manifestation colorée verte, mauve, rose, jaune par flashs successifs.
    L’Islande : le fameux Spitzberg, un récital de paysages dantesques où les éléments terre, feu, eau, s'entremêlent. Terre de feu où l'on trouve plus de deux cents volcans, le dixième du pays, recouvert de champs de coulées de lave, visite au plus grand cratère le Snaefellsjokuu, par où Jules Verne fait enter ses héros en route pour « Le centre de la terre ».
    Les geysers en activité qui crachent toutes les trois minutes. Et en Finlande un weekend dans l’une des célèbres cabanes, lieu du bonheur à la nordique.
    Au Groenland, dans la baie de Dore, site minéral et désert froid, où les icebergs s'accumulent et où l'on peut observer des bœufs musqués, des phoques, des bélougas, et enfin des ours.
    La Patagonie : Ushuaïa la ville, le cap Horn, les iles Galápagos, les glaciers de la Cordillère, Darwin, l'ile de Magdalena où nichent des manchots par milliers, le parc national Torres del Paine avec l'infinité de ses forêts, ses pics de granit et ses lacs azurés.
    Apothéose argentine, le géant de glace, le légendaire Perito Moreno.
     Enfin les iles Galapagos, dit l'archipel enchanté, à mille kilomètres des côtes équatoriennes, véritable musée vivant ou cohabite une incroyable diversité d'espèces uniques et peu farouches dans un décor lunaire d'iles volcaniques. Des tortues géantes, des iguanes uniques au monde, des albatros, pélicans, fous à pattes bleus, manchots et otaries. Le bonheur à l'état pur.
     
    Et devinez la bêtise que j'ai faite ?
    Alors que nous couchions chez l'habitant dans un petit village en plein milieu de la Patagonie, victime d'insomnie, je décide sans faire de bruit de partir à l'aurore me promener, en détachant le chien de la maison, un husky, avec qui j'avais eu dès le premier instant de notre rencontre un très bon contact. Je prends le soin par prudence de prendre le fusil du propriétaire de la maison avec moi, tout en sachant que je suis un piètre chasseur.
    Après vingt minutes de marche dans un chemin escarpé, je vois le Husky se figer en haut d'une bute, le poil dressé, grognant et regardant fixement en direction de la rivière en contrebas. Je me mets à courir pour le rejoindre et là, je distingue au bord de la rivière un énorme Grizzly en train de boire. Impossible de rejoindre la rivière, faire demi-tour sans bruit ? Attendre qu'il parte mais le chien va-t-il rester calme longtemps et l'ours ne va-t-il pas sentir nos odeurs ?
    Tirer avec le fusil emporté ? Je tremble de peur et je suis mauvais tireur. Le temps que je réfléchisse avant de prendre une décision, brusquement il relève la tête, se dresse sur ses deux pattes arrière et regarde et sent dans notre direction en émettant un grognement pas amical du tout ! Il s'avance dans notre direction la distance avec nous s'amenuise de plus en plus, je prends le fusil et je le mets en joue, la femelle Husky a le poil hérissé et se mets à hurler à la mort. Il s'arrête à quelques mètres du chien et se dresse de nouveau sur ses deux pattes arrière en émettant un grognement d'intimidation. Je suis mort de peur, j'imagine que la chienne vas se sacrifier et se faire écharper et que je vais en profiter pour courir mais qu'il aura vite fait de me rattraper ! Les deux animaux s'observent, se jaugent pendant deux minutes interminables. Soudain, l'ours, miracle, estimant que le jeu n'en vaut pas la chandelle se retourne et se dirige à grands pas vers la rivière d'où il venait. Le Husky, pensant qu'il a gagné la bataille de l'intimidation l'accompagne à distance, en aboyant avec force intensité pour le dissuader de changer d'avis. Tout s'est passé très vite, je suis conscient d'avoir échappé à la mort sur les terres de la Patagonie au Chili. Je suis rentré en essayant d'être discret mais le propriétaire m'attendait pour déjeuner et me dit dans un anglais hésitant que j'avais bien fait de prendre son fusil et d'emmener la chienne car une famille d'ours rodaient dans le coin depuis quelques jours.
     
    Vu le succès de ce voyage les directeurs des revues Géo et National Géographic nous ont annoncé au repas de gala du dernier soir qu'ils avaient décidés de faire un voyage l'année suivante sur le même principe.
    Leur projet étant la découverte des USA et du Canada ainsi que l'Asie, à l'exception de la Chine vu que ce pays est boycotté par l'ensemble de la communauté internationale après les découvertes sur leurs implications dans la pandémie et leur pratiques économiques et d'espionnage.

    Au programme donc en 2024 le Grand Canyon, la vallée de la mort, Yosemite, les chutes du Niagara, New York, San-Francisco, la Nouvelle Orléans et le fleuve Saint-Laurent, Miami, Los Angeles, les bayous.
    Et dans un genre complètement différent la magnifique Baie d'Hailong, le Mékong, les marchés flottants, la Thaïlande, le Cambodge avec le célèbre temple d'Angkor, les magnifiques paysages de la forêt du Laos. Et la succulente cuisine made in USA de chez Mac Do, le délicieux Big Mac hamburger et les gâteaux de toutes les couleurs bourrés de crème fraiche et de chantilly, suivis de la bonne cuisine asiatique mais parfois douteuse au niveau hygiène et fraicheur, sans penser à ce qu'ils auraient pu, sans nous en informer, joindre du chien grillé !

    ANTARCTIQUE/ Colette
     
    Qu’est-ce qu’il lui avait pris de parier, comme ça sur un coup de tête, qu’elle pouvait partir à l’autre bout du monde, voir les manchots et la banquise ? Gaîa était impatiente et une fois de plus, son impatience allait sans doute lui jouer des tours !
    Elle avait combien de temps pour se préparer ? Trois petits mois pour trouver un voyagiste, acheter son équipement et se préparer physiquement. Un vrai défi, mais elle en avait vu d’autres et son corps était habitué aux températures extrêmes et à l’effort ; là quand même, son idée de fermer les yeux et de mettre son doigt sur un point de la mappemonde qui allait désigner son prochain lieu de voyage… Bon, elle n’était pas du genre à se défiler et elle avait voulu crâner devant Junon, quelle idiote !

    Et d’abord comment financer ça ? Entre douze et dix-huit mille €uros, pas rien ; elle allait devoir supplier sa mère encore une fois, lui promettre d’arrêter ses lubies et de gagner sa vie une bonne fois pour toutes.

    Et le voyage ? A moins d’un désistement, pas moyen de trouver un billet, ça se réservait un an à l’avance. Mais à cœur vaillant rien d’impossible ! Comme lui avait seriné sa mère, pendant toute son enfance. Son prénom était associé à la force, à la fécondité et dans son cas à la multiplicité. Car il lui faudrait dix bras, cinq paires de jambes et trois cerveaux pour préparer ce périple, même si les voyagistes livraient tout « clés en main ».

    Elle alla sur internet pêcher le plus d’infos et de sites, pour le voyage et l’équipement. Puis elle lista le nombre de séances de préparation physique, rien que pour la respiration en altitude et l’endurance, car elle s’était un peu reposée sur ses lauriers ces derniers mois. Elle s’arrêta de noter pour se mettre en tailleur et respirer, en ouvrant ses chakras, et son esprit.

    Gaïa se laissa aller, entre les icebergs et les manchots, mélangeant le ciel et la mer, le bruit du vent se substituant à celui des animaux. Elle était en combinaison de ski, doubles paires de gants, bonnet, deux paires de chaussettes, lunettes, la totale.

    Prête à affronter le grand froid, prête à se surpasser, bien que son aventure à venir n’ait rien à voir avec celle des baleiniers ou des aventuriers du siècle précédant qui risquaient leurs vies à tout moment. Elle continua de voguer au milieu des flots déchainés, puis calmes, s’émerveillant des baleines au loin ou des manchots qui déambulaient le long de la côte. Ses cinq sens étaient en éveil : le nez rempli d’iode, les yeux des animaux marins, les mains du contact de la glace de la banquise, les oreilles du chant des baleines et la bouche …pleine du sel de l’océan.

    Elle y était, presque. Elle n’avait qu’à réviser les classiques, les récits d’Alexandra David-Neel - bon elle c’était au Tibet qu’elle avait été pionnière, mais quand même la première femme a être entrée au Tibet ! Et Charcot, le grand découvreur du Continent Blanc, qui avait à bord de son petit trois mats hiverné et amassé des tonnes de données scientifiques (il avait couvert 1000 kilomètres de côtes), botaniques ou zoologiques dans des conditions extrêmement rudes et avec très peu de matériel.

    Du coup Gaïa se sentit minuscule et son entrain se réduisit à une peau de chagrin.

    Mais elle n’avait pas dit son dernier mot. Elle défit ses cartons, sortit ses vêtements les plus chauds, et alla courir sous la chaleur, avec en guise de musique : Haut les cœurs, tu vas y arriver ! Elle fit ses dix tours de parc, dévisagée par les passants, à cause de son bonnet et de sa doudoune, revint chez elle gonflée à bloc.

    Pour elle le compte à rebours avait commencé.

     EN ALLANT VERS SYDNEY / Patricia

    Aux jeux des exercices littéraires, je piochais Sydney, Australia. Des précisions s’imposaient. Je décidais, avant tout départ, de décomposer le nom de cette ville. Sydney, Syd, me faisait penser phonétiquement à la pièce de Corneille, le Cid et Ney, nom d’un maréchal d’Empire, ami jusqu’à la mort de son mentor Napoléon Bonaparte.
    Je réfléchissais, il ne suffit pas de s’embarquer pour une terre inconnue pour que le voyage prenne sens dès le départ. Je n’avais pas et n’ai toujours pas comme Alexandra D-N le besoin impératif de visiter un pays précis et en particulier l’Australie. À y réfléchir, ce que je connaissais de ce pays était trop en référence avec l’apartheid et ce type de séparation raciale ne me plaisait pas. Voilà pour les hommes et leur politique.
     
    Mon intérêt se portait plutôt sur les premiers habitants du continent, répertoriés comme tels, d’ailleurs plutôt les derniers sur l’échelle de l’égalité des chances, les Aborigènes. Ce nom résonne bien pour une aventure sur papier.
    Le nom, Aborigène me faisait penser aux Papous, n’habitant pas très loin de leurs frères australiens. Ils me faisaient rêver quand j’étais petite, Papous, papouilles… L’aventure comme une tendresse amoureuse, mais ce n’est pas ce que nous rappellent les grands aventuriers, ils parlent de prise de risques, de difficultés, de peurs dépassées, de bonheurs mérités... Sinon, nous aurions plein de vocation, qu’est-ce que vous faites dans la vie, moi, profession voyageuse, moi aussi et moi aussi, c’est peinard et cela rapporte gros. 
    Et pour toute explication Vous comprenez… Les adultes sont de grands enfants et nous avons dans nos sacs à dos Louis Vuitton beaucoup d’histoires à vous raconter… Vous pouvez les trouver aussi sur tablettes à télécharger.
               
    Bon ! Revenons à nos moutons… Australiens, bien sûr. J’ai tiré Sydney et c’est le moment de décoller. Aujourd’hui, on ne prend plus le bateau pour aller d’un pays à l’autre. Dommage, le voyageur avait le temps de s’affoler en réalisant ses choix : de tout laisser tomber en laissant sa vie de famille et son confort derrière lui, de se faire une raison quant à sa survie éventuelle, de s’habituer aux décalages de tout bord et entrevoir changement de temps et de nourriture etc.…
    Reprenons ! Le Cid, dilemme cornélien où l’amour s’oppose au devoir et le maréchal d’empire qui a préféré mourir que de trahir son ami. Les cartes étaient jetées, pas celles d’un territoire hypothétique, mais celles d’une destinée, d’une trajectoire...
    Mon intuition me guida. Je devais rencontrer Bouche Dorée, née sous le signe du Capricorne dont la devise et philosophie de vie m’intriguait : “ Je me conserve bien car je vis toujours entourée de gens heureux”. Comment est-t-il possible de vivre entouré que de gens heureux ? Cette maxime me donnait à penser. Cette femme saura me donner l’itinéraire ou le plan pour trouver le chemin du cœur dans Sydney.
     
     Lundi 16 heures, heure de Paris. J’embarquais avec une adresse en poche, adresse donnée par un ami m’expliquant que Bouche Dorée continuait de voyager pour affaires. Dans l’avion, je m’informais, quelques petites notes sur le passé de Bouche Dorée : femme brésilienne qui défend les causes perdues en leur faisant parvenir armes et argent. Assurément, les deux mamelles jumelles seront bienfaitrices pour certains voyageurs poètes du XIX° siècle, lire les aventures d’Arthur Rimbaud en Afrique.
     

    Proposition d’écriture à distance du 18 décembre 2020
     
    Rencontres, ateliers Textes et Images
    Voyageurs, ils devinrent écrivains, Écrivains, ils se firent voyageurs…
     Robert Louis Stevenson (1850-1895)




    “L’amoureux
    des îles”
    “ J’écris pour distraire…
    Le devoir d’un écrivain, c’est d’enchanter

    Écossais, né à Édimbourg, le petit robert Louis était de constitution fragile et maladive. Il dut passer une bonne partie de sa jeunesse confinée chez lui, dans sa chambre. Pour combler cet alitement, il lisait beaucoup, rêvait et commença à écrire très jeune des aventures dans des iles très ensoleillées. Un soleil dont il avait besoin pour soigner ses poumons malades et un corps torturé par d’incessantes quintes de toux. A dix-huit ans, il opte pour une carrière d’avocat, mais il commence à voyager dans le sud pour le climat. D’abord le sud de la France avec un voyage dans les Cévennes qu’il arpente seul avec une ânesse “Modestine”. Douze jours de marche qui lui offrent une expérience qu’il racontera dans un récit : “Voyage avec un âne dans les Cévennes”. En France, il rencontre une américaine dont il tombera follement amoureux et qu’il suivra en Californie en attendant qu’elle divorce de son mari. Fanny deviendra sa femme. Ils partagent lecture et rêve d’aventures. De cette complicité naîtra un garçon qui les suivra dans leurs voyages. Il écrira pour lui : “l’île aux trésors” qui le rendra célèbre. Manichéen, les bons et les méchants s’affrontent dans ses livres en particulier dans : « Docteur Jekill et Mister Hyde. » Sa santé de nouveau fragile, il va repartir sur des terres ensoleillées et choisit les îles polynésiennes où il s’attachera à décrire et défendre la culture des iles du Pacifique menacées par les missionnaires et les colons. Il dénoncera aussi les exactions commises par les autorités coloniales allemandes.
    À quarante-cinq ans, il sera victime d’une hémorragie cérébrale. Pour qu’il soit enterré au sommet du mont Vala sur l’une des îles Samoa avec la mer en perte de vue, trois cents Samoans se sont relayés avec leurs machettes pour tracer un chemin dans la jungle.
     
    Propositions d’écriture :
     
                1/ Stevenson, dans son livre l’île aux trésors, nous parle de pirates mais surtout d’une carte qui pourrait nous amener aux trésors, au butin de ces dits pirates.
    Ses descriptions avec des noms de lieux sont très parlants, et plein d’imagination de son invention. La première proposition d’écriture serait de construire une carte avec un territoire (notre maison, un bout de ville, la notre ou une autre) et d’y placer nos trésors, le butin d’une randonnée, d’un parcours, d’une décoration etc…
                2 / Dans un coffre ou une valise dans un, ou votre, grenier, vous découvrez un trésor ou des trésors (objets, lettres, bijoux etc…). Racontez, construisez un récit avec vos découvertes.
                3 / Vous prenez un dictionnaire. Comme une valise à mots ou un trésor de mots, vous piochez des mots au hasard, et vous en faites un récit.
               
    A vous de jouer…. Soyez bon joueur.

     LA, C'EST UN TRESOR QUI M'A TROUVEE / Cécile

    Je cherche tout toujours, tout le temps.
    Mais là, c'est un trésor qui m'a trouvé. 
    En effet, dans le cohu bohu de mon cœur, je ressens que c'est lui. 
     
    À la Rochelle, rue de la Désirée, nous avons liés nos sentiments. 
    La mer parfois houleuse, parfois tendre, nous a unis. 
    De retour à Paris, Montmartre et son Sacré Cœur nous a illuminés. Impossible pourtant d'entrer dans son antre. 
    Puis dans mon appartement, de pièce en pièce, nous avons appris à nous connaître. 
    De jours en nuits, nous avons partagé la nourriture puis nos êtres se sont ouverts à la quête de l'amour.

    Le trésor de ma vie, c'est le cœur qui me l'a donné.

    Fructueux et évolutif, notre coffre fort s'agrandit en laissant passer les années.
    Jusqu'où iront nous dans la découverte des joyaux de la vie ?
    Seul le temps saura nous le dire.
    Des photos, des musiques, des vues de l'esprit nous rassemblent, nous ressemblent. 
    Mais comme tous les trésors, il faut bien le tenir caché.

    Alors humblement, on avance, mais pas à découvert.

    LE TRESOR DU GRENIER / Joël

    Mon grand-père est l'homme debout à gauche, et ma grand-mère la premièrefemme à gauche, elle était magnigfique !

    Au décès de mes parents et grands-parents, j'ai conservé deux valises où j'ai mis des photos, des objets, des cahiers, des livres. Cela fait plusieurs années que je n'ai pas ouvert ces valises. Cette proposition d'écriture me donne l'occasion et le courage de me replonger dans ce monde de l'enfance, bercé par les repas de famille où mes grands-parents parlaient de leur séjour en Afrique pendant trois ans, où mon Grand-père était contremaitre pour la construction d'un pont à Abidjan en Côte d'Ivoire, ainsi que les récits sur la guerre mondiale de 1940 à 1945.
    Sur un cahier d'écolier, ma grand-mère, qui avec ma tante, ont aidé l'institutrice qui apprenait le français et « les bonnes manières « aux enfants des ouvriers et du village, avait écrit quelques souvenirs ou impressions. Elle mentionne l'histoire de la cascade sacrée, qui se trouvait à une heure de marche de leur habitation en lisière de la forêt tropicale.
    Les ouvriers du chantier, majoritairement issus du village, près de la cascade racontaient :
    « Lorsqu'ils avaient la permission des esprits de la forêt, ils descendaient en méditant le long du chemin jusqu'au lieu sacré de la cascade et déposaient par une prière silencieuse, leur vœu le plus sincère, une guérison, une naissance, un amour.
    Ces hommes ou ces femmes n'étaient pas toujours exaucés sur le champ, mais après un court ou un long cheminement, ils finissaient par obtenir ce que leur cœur voulait au plus profond d'eux-mêmes. Tous remontaient de leur baignade avec un beau sourire et l'eau ruisselait sur eux comme l'amour, d'une manière naturelle et belle. On pouvait voir sur leurs visages, le regard pur et innocent des enfants émerveillés par un monde fantastique.

    La légende disait que deux fées vivaient tout près de cette belle cascade et qu’elles étaient les gardiennes de ce lieu sacré. Un magnifique papillon bleu outremer était la fée de la nuit et un splendide papillon jaune soleil était la fée du jour. Si une belle âme se présentait à la cascade, alors les fées virevoltaient jusqu'à elle pour la saluer et bénir sa venue de leur énergie et de leur douceur. Si la fée bleue apparaissaient, le visiteur savait qu'il devait chercher la réponse à ses questions dans ses rêves et si la fée or se présentait à lui c'était par des actions personnelles que le travail devait se faire. La légende ensuite disait qu'un des habitants du village, il y a fort   longtemps, était très jaloux de ces guérisons et vœux exaucés car lui vivait seul, avait souvent de forts maux de tête, pessimiste et pensait que ce n'était que de la chance qui était responsable de ces miracles.
    Un jour, sans la permission des esprits, il se rendit à la cascade de nuit pour ne pas être vu de ses voisins. En sortant de sa baignade il glissa et on le retrouva au petit matin, immobile et glacée, avec une jambe cassée.
    Les villageois eurent pitié de lui, car sa jambe ne guérissait pas et il ne pouvait pas bouger ni travailler, et il était seul. Ils appelèrent la sorcière du village pour l'ausculter. Elle lui prépara onguents et bouillons fortifiants, lui montra des exercices à faire.
    Chaque jour, à tour de rôle, un membre du village lui apportait de quoi boire et manger, et restait un moment avec lui pour discuter. L'homme n'avait jamais eu autant de visites de toute sa vie.
    En trois mois il fut guéri et il prit, une fois complètement guéri, le chemin du village voisin avec un grand bouquet de fleurs blanches pour remercier la sorcière et l'inviter à une grande fête qu'il voulait organiser pour la remercier ainsi que tous les habitants du village.

    La sorcière vint à la fête où il y avait un buffet somptueux. Des musiciens ont joués toute la nuit, devant le sourire de cet homme heureux, généreux, aimé de tous, elle tomba amoureuse et resta toujours près de lui.
    L'année suivante naquit de leur union un enfant lumineux et fort. Un soir, en pleine intimité, la sorcière lui demanda à l'oreille quel était son vœu le soir ou il tomba près de la cascade. Il lui répondit les yeux brillants d'émotion : Avoir de la chance ! C'est ce qui explique que tous les villageois se rendent à la cascade pour faire un vœu.
    Ma grand-mère rajoutait : c'était réservé aux habitants du village ou leurs amis africains. Chaque colon, ouvrier comme contremaitre ou dirigeant avaient une nurse à disposition.
    Ma grand-mère avait tissé un lien amical avec sa nurse et ses enfants. Quand ce fut le moment du départ, pour le retour en France, après plus de trois ans passés sur place, le pont étant terminé, elle lui dit « c'est interdit, mais je vais te conduire à la tombée de nuit à la cascade sacrée et tu pourras faire un vœu et tu auras de la chance toute ta vie.

     Mémère (c'est comme cela que je l'appelais à sa demande, car elle ne voulait pas de Mamie) a toujours dit que ce vœu avait été réalisé deux ans après son retour en métropole, mais que c'était un secret. Quelques jours avant son décès, à l'âge de 98 ans, alors que j'étais la seule personne qui lui restait de son passé et que nous étions très proches depuis toujours me confia la teneur de ce vœu. Mais il restera secret entre nous !


     LE TRESOR DU GRENIER / Colette


    Benjamin avait hérité avec sa sœur de la maison de leur grand-mère et il leur fallait faire le tri, garder, jeter ou vendre tout ce qu’elle contenait et il y en avait : en dehors des meubles et des commodes à vider, se trouvait plus de cinquante ans d’objets entassés, bibelots, photos, papiers, cartes postales et souvenirs divers (certains remontant encore à la génération de leurs arrières grands-parents), sans compter les jouets cassés, les bouts de tissu d’un autre temps, mais pouvant servir (dixit leur chère Mamie !) et tout un bric-à-brac qui trainait dans le grenier au milieu des toiles d’araignée. Une fois le plus gros des meubles et objets divers sélectionnés  pour le rebut, pour la brocante ou pour une deuxième vie après un bon coup de pinceau, Benjamin s’attaqua au grenier. Il pensait qu’en une heure il aurait terminé  son tri en balançant par la fenêtre tout ce qui ne retenait pas son attention, mais il s’était aventuré dans un lieu certes rempli de vieilles choses mais pas seulement. Les malles qu’il avait aperçues n’étaient pas remplies de bouts de tissu ou de colifichets bien féminins mais de livres. Et pas n’importe quels livres !
    Il y avait trois mondes différents : l’amour, car sa grand-mère était très fleur bleue, l’histoire, dont le grand-père était friand, et l’aventure, et ça, Benjamin se demanda lequel des deux les avaient lus, feuilletés et refeuilletés. Il n’avait pas souvenir de récits épiques que lui aient fait ses grands–parents, rien que des contes pour enfants. Et là un trésor s’offrait à lui, de pages cornées à force d’être tournées, d’images décolorées par le temps, de vies insoupçonnées, mais surtout de rêves !
    Des romans du 19ème siècle, plusieurs de R.L Stevenson, dont l’Ile au Trésor, ainsi qu’un ouvrage au titre prometteur : « Les nouvelles 1001 nuits » !
    Suivaient des livres de Jules Verne, R.Kipling, W. Scott, des auteurs qu’il connaissait de nom comme tous les écoliers, mais dont il n’avait jamais étudié plus qu’un extrait au collège.
    Et puis, presqu’au fond de la malle dont il découvrait un à un les trésors, il trouva l’un des ouvrages les plus anciens, qu’il sortit avec précaution : une édition originale du fameux « Moby Dick », dont il se rappelait l’héroïque combat avec le capitaine Achab.
    Peut-être son arrière-grand-père avait-il été baleinier ? Peut-être ses aïeuls avaient-ils fait le tour du monde, ou du moins le tour de l’Europe ou juste de la France ? Mais pourquoi n’avaient-ils pas partagé leurs souvenirs ? Peut-être avaient-ils juste rêvé comme lui en feuilletant les pages écornées de toutes ces richesses tombées dans l’oubli ? Benjamin était dans un étrange état, mal installé sur une autre malle remplie de cartes et de vieilles photos. Il sentait comme un soupçon de mélancolie l’envahir en se baignant dans ces vestiges de l’ancien temps qui lui ouvraient la porte sur des terres ou des royaumes inconnus.  Il se dit qu’il était devenu sentimental, regretta de n’avoir pas partagé les confidences de ses grands-parents, pensa ensuite à ses parents qui n’avaient pas voulu s’occuper de toutes ces vieilleries et qui avaient sans doute raté une belle occasion de rêver.
    Il mit plusieurs minutes à sortir de cet état de bonheur nostalgique et à revenir à la réalité quand sa sœur l’appela pour des tâches plus terre à terre. Il décida de prendre son temps pour décider de l’avenir de ces joyaux qui étaient devenus siens, et de prolonger son séjour au pays des trésors.

    TRÉSOR D’UN JOUR, TRÉSOR POUR TOUJOURS / Alix-Thiti

    J’avais décidé, un matin, de ranger ma chambre qui était en bazar. Dans le tiroir du bureau, je trouve une toute petite pochette en tissu coloré de style africain. C’était un cadeau d’anniversaire, pour mes vingt ans, ça date ! Alors je l’ouvre pour en sortir trois petits bonhommes en bois fin, habillés de fil de couture coloré. Je me souviens des paroles de mon amie, de le mettre sous l’oreiller afin qu’ils chassent les mauvais rêves. C’est un cadeau que je considérais comme un trésor, car mon amie que j’apprécie beaucoup a pris le temps de trouver le cadeau qui me correspondait, moi qui faisais souvent des cauchemars. Ce présent auquel je me suis attaché, j’espère le garder encore longtemps. Maintenant il est sur mon bureau mais rangé. Vais-je m’en resservir ? pour mes nuits de sommeil agitées ?

    Aujourd’hui je fais moins de rêves bizarres. Psychologiquement, j’arrive à les accepter ou à les affronter. Le trésor ne vient pas seulement d’un objet mais de l’esprit qui en émane. Mon esprit est apaisé. L’effet d’apaisement comme un placébo, un somnifère, me fait dormir.

    Le vrai trésor c’est notre amitié, chaque jour qui passe est un trésor tel le soleil, sa famille, ses amis, ses animaux...

    Tout ce qui nous rattache à la vie.


    L'APPEL DU LARGE / Noëlla

  •  - Artemisia: ma fée des dunes est une plante protectrice
    qui lutte contre l'érosion.
     - La Licorne : Vaisseau de la marine du Roy, sous Louis XIV
     -  Le chevalier, François de Hadoque( ancêtre du capitaine)
      - La fée Mélusine
      - La fille des Sables : moi


    Photographies Noella Redais
    Mon souhait le plus cher ? Larguer les amarres pour prendre le large. Fallait-il dessiner une nouvelle carte pour appareiller ? Emprunter un itinéraire bis ?
    Le vent de panique ne soufflera pas ! Car je vais l'imaginer. Un format" raisin (50x65) brunit avec du Brou de noix,  et du Marc de café pour simuler les reliefs. Quelques gouttes d'encre magique pour rejoindre les profondeurs abyssales. Afin de créer l'illusion, je choisissais une bougie blanche, une couleur océan atlantique, que j'allais aussitôt. Ses effluves marines, sur vouaient déjà vers le large. La flamme vascillait, hésitante, prenait de la hauteur, puis embrasait le marc de café pour tracer la côte de lumière, ériger les corniches et ciseler les criques. Je modulais mon souffle, accentuais et prolongeait mon expiration pour que le brou de noix dilué difuse loin, si loin, modelant, remodelant le cordon dunaire, à peine consumé, juste ombré.
    Trois giclées d'encre, et les récifs surgissaient incisés au marc.
    Je laissais chavirer la cire bleu, qui brutalement heurtait la roche et s'écoulait jusqu'aux criques. J'esquissais à la cire blanche un sillage écumeux le long de la côte, qui s'échouait presque imperceptible, dévoilant le visible dans l'invisible, façonné par les mémoires minérales. Les bulles d'air s'enlaçaient, irisées par les rayons du soleil. Une voix enchanteresse les fit frissonner, Artémisia, notre bonne fée des dunes.
  • - Hâte toi, filles des Sables, l'équipage t'attend.
  • J'avais le vent en poupe, toute émoustillée de revoir mon Île. Sans plus attendre, il fallait mouiller l'encre ! J'y plongeais avec malice. Quelques gouttes d'outre-mer plus tard, une lame de fond émeraude me projetait à bord du trois mâts. Un individu m'accueilli en grande pompe.
  • -CFDH, Chevalier François de Hadoque, commandant du vaisseau " La Licorne", pour vous servir. En me saluant avec panache. S'adressant au moussaillon :
  • - Ma longue vue, tout en fixant l'horizon , il s'écria :
  • - L'outre-mer se retire, il est temps de mettre les voiles 
  • À bâbord toute, cap vers la côte de lumière. La Licorne lestée de rhum filait vers le largeeeeeeee.
  • Quelques rasades plus tard, une corne de brume retentit.
  • -   CFDH: " Tonnerre de...mille, millions de ...pavillon ennemi en vue ! Préparez vous à l'abordage!
  • - LFDS: " non!, Il arbore les couleurs nationales !
  • - CFDH: " nati i i i on quoi? Où est l'équipage ?
  • - LFDS: il n'y a qu'un skipper à bord.
  • - CFDH: c'est quoi ça ? Un amiral de bateau lavoir !
  • - LFDS: il navigue sur un voilier monocoque.
  • - CFDH: un voilier… Quoi ? Et les armoiries rouges sur la voile?
  • - LFDS: deux coeurs entrelacés surmontés d'une couronne et d'une croix avec pour devise: "Utrique fidelis"(fidèle à l'un et à l'autre, sous entendu, à Dieu et au roi !
  • Pendant longtemps, cela à fait couler beaucoup d'encre !
  • -CFDH: Viveeeeeeee   le  roy, en empoignant une bouteille. Dubitatif, il reprit sa longue vue et dit:
  • - Hummmm, je n'ai pas souvenance d'un tel blason! Estampillé....le Ven.. Vendée....?
  • - LFDS: "Le Vendée Globe", une course folle autour du monde par les trois caps.
  • - CFDH: Tonnerre de Brest, une course contre vents et marées pour trouver un trésor ?

  • Au même moment, un courant d'air chaud balaya le pont, une silhouette, drapée des mers du Sud apparut entourée d'un halo luminescent. Sa longue chevelure blonde tressée, lui conférait beaucoup de douceur. la fée Mélusine murmura à mon oreille. Les vents complaisant, chassaient les nuages.
  • Quelques rafales plus tard, j'apercevais le " bleu Vendée". Ce voyage enchanté exaltait mes sens, excités par la brise marine. Baigné de soleil, le "Bleu Vendéen" réchauffait mon coeur.
  • Nous survolâmes St Martin de Brem, le quartier des pêcheurs, l'or blanc des marais. Écarlates et pourpres, les roses trémières se pavanaient au soleil.
  • Balancées par le vent, elles frôlaient les façades des maisons basses, blanchies à la chaux.
  • Le parfum subtil des pins parasols m'ennivrait déjà. Les silhouettes majestueuses semblaient redessinées et modelées au gré du vent.
  • Regroupés, ils s'enlisaient dans le sable. Des branches sinueuses le caressaient pour offrir un cocon végétal, bercé par le vent...
  • Des clôtures basses de chaque côté des platelages en bois, protégeaient et encourageaient la végétalisation jusqu'à la Normandelière, la plage des dunes et des fous rires.
  • Désormais, la gardienne de ce sanctuaire, Artémisia, veille, encercle, fixe le sable, titille l'immortelle qui jubilé et prolifère d'aise. L'orchidée charme le chardon bleu, bleu jusqu'au sépia de la côte sauvage.
  •  
  • Bienvenue à Bretignolles sur mer. Les hérons cendrés, mouettes rieuses, sternes, oies bernaches s'y retrouvent pour glaner et picorer ce que la marée apporte.
  • Vue de la corniche, la roche métamorphique fascine, intrigue, sublimée par ses couleurs opalescentes. En descendant jusqu'à la crique de la Beschée. Les strates de schistes micacés, feuilletées, plissées, se brisent, se détachent, s'enfoncent lentement exposées aux embruns. Les bulots s'y accrochent taquinés par les crabes.
  • Effleurées par l'écume, chaque empreinte de Mélusine se métamorphose en Galet veiné de quartz et moucheté d'orange. La fée bâtisseuse sourit et s'envole vers sa grotte. 
  •  
  • À bientôt pour de nouvelles aventures avec le "Jardinier de la mer".....
  •  
  •  LE JE DU DICTIONNAIRE, TRESOR DE MOTS / Patricia

    Démarche : J’ai tiré une trentaine de mots en tout dans mon dictionnaire. À chaque mot tiré, j’ai initié une nouvelle phrase le plus spontanément possible.  Pour quelques phrases, j’ai utilisé deux mots tirés sans jamais changer l’ordre du tirage.
    De cette consigne, je l’ai transformée en un jeu de piste comme une chasse aux trésors me demandant à chaque fois où allait m’emmener le prochain mot, verbe ou adjectif.         
    Pour que cette pioche ne soit pas trop fastidieuse ou que le texte ne soit pas complètement absurde, je me suis donnée le choix d’un mot, d’un adjectif ou d’un verbe sur la page sélectionnée. Ce qui me laissait un peu de souplesse et de l’amusement.
    Je vous donne la liste des mots piochés : Feuillu, inintelligible, pavés, socialisé, vice-versa, tirer, costume, se délasser, détruire, s’ensauvager, gagnant, déterminer, se dessécher, initiative, épanouissement, inaction, holà, neuvième, amuser, cristal, démiurge, honoré, indécision, concéder, l’orée, hyperbolique, macabre, mer, résistance. Comme cela, si vous avez envie, vous pouvez reconstituer un autre texte avec votre propre inspiration. Ce serait amusant de comparer les chemins et les idées…
     
    Pavés de mots ou mots en bataille…
    Feuillu, le printemps l’était, mais inintelligibles renaissaient les mots, tels des pavés sous les pieds des voyageurs socialisés depuis l’avènement des ultra libéraux.
    Vice-versa le monde bougeait, l’argent par billion se recherchait.
    Il ne suffisait pas de le tirer de sa poche, même d’un beau costume en espérant se délasser, ni de détruire toute illusion autour de soi pour dynamiser ses envies, ses désirs. Même le philosophe espérait s’ensauvager pour retrouver toutes ses humanités.
    Gagnant, gagneur, au marché des marchands entrepreneurs, pour les autres, il fallait rester déterminé ! Pour ne pas se dessécher. L’initiative était bonne et parfois pleine d’épanouissement.
    Évidemment un vrai combat s’engageait contre l’inaction.
    Holà avait dit le sage, rencontré par hasard.
    C’était la neuvième fois et je m’en amusais. Le cristal des verres résonnait au divin des esprits médiatisés.
    À la santé des démiurges et autres créateurs qui avaient honoré ou refusé l’indécision.
    Pourtant tous les spectateurs concédaient beaucoup trop de candeur, à l’orée d’un temps chamboulé qui devenait hyperbolique et macabre.
    Alors l’homme, dans sa solitude, regarda la mer ancestrale lui parler de résistance…

    Proposition d’écriture à distance du 22 janvier 2021
     
    Nicolas Bouvier Poète, photographe, conférencier… (1929-1998)
    L’usager du monde, libre et sans but…
    « Je suis follement visuel » aime-t-il à répéter. Nicolas Bouvier ne veut pas se perdre dans le confort matériel et intellectuel de son milieu. Il préfère voyager et écrire, voir et parcourir le monde. « Il faut bouger car seul le voyage guérit de l’égoïsme, du mirage matérialiste, des certitudes faciles et de la déchéance physique. »
    Le jeune Nicolas a besoin de se confronter aux épreuves du monde.
    À dix-huit ans, été 1948, il quitte sa famille et la Suisse pour le Grand Nord, la Laponie. De sa première marche à pieds en solitaire, il découvre la liberté.
    À son retour, il confie : « Je ne pensais pas pouvoir être si heureux. »
    1953, second objectif : départ pour l’Inde pour un périple de seize mois en voiture avec son meilleur ami le peintre Thierry Vernet. Vernet dessine, Nicolas a du mal à écrire, il préfère photographier visages et paysages :
    « Être heureux me prenait tout mon temps ! » confiera-t-il. Les deux amis se quittent au bout d’une année. Nicolas Bouvier retrouvera la solitude et la dèche.
    Pour survivre, il se mue en journaliste et vend le récit de son périple. Il fume et boit trop, la folie le menace. Gagner le Japon devient son obsession, son salut. Il obtient un visa de reporter. Le Japon l’apaise, marcheur infatigable, il engrange dans chaque quartier, chaque contrée, matière pour sa chronique japonaise.
    Il effectue à pied, une ombrelle à la main, les cent quarante kilomètres qui séparent Nagoya de Kyoto, photographiant paysans et rizières. Fin décembre 1956, il regagne Genève avec toute la matière des livres qui le feront connaître.
        
    Biblioraphie :  
    L’usage du monde - 1963 - Chronique Japonaise - 1975 - Le Poisson-Scorpion - 1981

    Première proposition d’écriture
    Reprendre à son compte la phrase étonnante de Nicolas Bouvier : “Je ne pensais pas pouvoir être si heureux”… Pour raconter un moment fabuleux où le bonheur fut si intense, si présent que l’émotion ressentie reste encore présente en vous.

    Deuxième proposition d’écriture
    Le bonheur et la marche sont indissociables pour Nicolas Bouvier. Faites le récit d’une marche où le paysage devient un élément romanesque, une découverte poétique ou énigmatique.

    Troisième proposition d'écriture
    Voir est la récompense du marcheur pour Nicolas Bouvier. Qu’avez- vous vu de si important pour le partager avec nous… ?
     
     LES ECRIVAINS MARCHEURS / Joël

    Pour Nicolas Bouvier le bonheur et la marche sont indissociables.
    Pour Jean Giono « Si tu n'arrives pas à penser, marche ! Si tu penses trop, marche ! Si tu penses mal ? Marche ! »
    Je partage ses deux avis, j'ai toujours aimé marcher, et en retraite, je marche entre une heure trente et deux heures par jour avec mon petit cocker.

    La marche pour moi, est essentiellement la rencontre avec la nature, la forêt, les arbres, un cours d'eau, un torrent, des fleurs, des odeurs, la montagne, la mer. C'est aussi, et cela est important, un moyen de déconnecter et de rêver. Enfin et ce n'est pas négligeable, un exercice physique recommandé. La marche facilite le rêve, le rêve d'une vie meilleure ou différente, des fantasmes. Je peux me transformer en un écrivain lauréat du Goncourt, en le meilleur joueur français mondial de football, en une idole de la chanson ou du cinéma ayant une aventure amoureuse avec ? ou dans des voyages pour des destinations que je souhaite visiter un jour. Si le bonheur est journalier, le bonheur intense au sens de Nicolas Bouvier « Je ne pensais pas pouvoir être si heureux » je l'ai ressenti à quatre reprises. En visitant les îles de Porquerolles et Port Cros, Au Grand Canyon et aux chutes du Niagara aux États-Unis, en Égypte devant le temple d'About Simbel…
     
    Le tour de l'île de Porquerolles, réservé aux piétons et aux cyclistes est de dix kilomètres. Située dans le golfe d'Hyères, elle bénéficie d'un ensoleillement presque quotidien délicieusement rafraichi par l'air marin. On y trouve trois domaines viticoles de grande renommée classés « vins des Côtes de Provence ».
    Classée « Cœur du parc national » Porquerolles protège, replante, étudie les cultures méditerranéennes grâce à son conservatoire botanique. On se promène parmi une multitude de plantations.
    Des paysages sublime vous amènent à interrompre votre marche sur le sentier très souvent, pour prendre un petit chemin et admirer les falaises qui tombent à pic dans la mer, les calanques, gorges, caps et petits monts. Depuis le phare la vue s'étend sur 360 degrés sur l'île et la mer.
    À l'intérieur des terres s'étendent des mosaïques de vignes, d'oliviers, d'arbres fruitiers, citronniers, orangers, mandariniers. La plupart des pistes sont ombragées et nous épargnent ainsi des coups de chaud. La pinède étale ses dégradés de vert qui se mélangent avec les fleurs blanches et les fruits rouges des arbousiers. Les cigales se joignent à ses paysages somptueux pour vous rappeler que vous êtes bien en Provence et non pas dans une île paradisiaque à l'autre bout du monde. On y trouve des espèces rares et nicheuses comme le goéland niché, le faucon pèlerin, le puffin. Ainsi qu'une population d'invertébrés…
     
    Au cours de notre promenade, nous passons près du phare, l'un des plus puissants de la Méditerranée, puis près des forts Alycastre et du grand
     Langoustier, la baie de l'Alycastre étant le berceau de la plus célèbre légende Porquerolles. Le fort de la Repentance est enterré et a été la place forte pour la défense de l'île. Et est en rénovation faite par une communauté monastique orthodoxe. Le moulin du bonheur, trois plages dont la plage Notre Dame élue la plus belle plage d'Europe. On peut donc se baigner pour se rafraîchir pendant la randonnée.
    Avec ma petite sœur, sur le chemin on a récité le poème de Gabriel Dassonville : Plénitude matinale, olfactive perception, richesse arborescente, unique paradis, rouge soleil couchant, ondulant sur les flots, les racines des pins, longent le littoral, enlaçant la merveille, silencieuse ingénue. Puis la chanson de Loïc sur l'île : Bicyclette à la semaine, Séraphin le fort de la repentance, Véronique le Pélican. Il y a des écoles qui n'apprennent pas, entendez celles qui font vivre et celles où il fait bon vivre.
     
    Et pour nous amuser, on s'était mis à interroger les randonneurs que l'on croisaient ou que l'on dépassaient.
    - Connaissez-vous la légende des îles d'or ?
    La plupart ne connaissait pas et avec plaisir écoutait ma petite sœur raconter cette légende. Le prince Olbanius avait quatre filles qu'il chérissait et dont la beauté n'avait d'égale que leur adresse et leur agilité. Un jour elles s'étaient éloignées du rivage et un bateau pirate se mis à les pourchasser. Le père qui assistait à la scène, sur la plage implora les dieux pour qu'elles soient épargnées. Alors que les pirates allaient monter dans le bateau, les princesses virent peu à peu leurs membres se figer, leur corps se changèrent en pierre.
    C'est ainsi que les trois sœurs formèrent les îles d'Or, la quatrième Giens. Tous s'accordent à croire que les îles ont conservé l'incroyable beauté des princesses. Par ailleurs un animal fabuleux établi dans la baie de l'Alycastre hante l'île depuis Porquerolles. Comment vont-ils s'en sortir ? Il sort la nuit et particulièrement les nuits de tempête.
     
    Après avoir mangé sur la plage, une petite sieste s'impose et là, bercé par la bise et l'air marin je me mets à rêver.
    Je suis un modeste pêcheur mais je sauve les princesses de l'île, et l’une de ces jolies dames déclarent qu'elle est amoureuse de moi et qu'elle souhaiterait se marier. Le prince ne voit pas d'un bon œil ce projet et me dit :
    -  Si tu veux épouser ma fille tu devras avant tuer l'animal fabuleux. 
    La nuit suivante une tempête gronde, et je pars en bateau pour chercher ce monstre. Bien sûr, après plusieurs heures de combat, je triomphe et me marie avec la princesse Grâce qui reçut comme cadeau de son père la principauté de Monaco.
     
    Terre d'artistes et d'écrivains, cité d'inspiration, d'illustres auteurs ont fait courir leur plume et leur imagination depuis leur chambre du grand hôtel ou assis sur un banc.
    C'est le cas de Joseph Conrad qui évoque la presqu’île dans sa dernière œuvre « Le frère de de la côte », Robert -Louis Stevenson écrit plusieurs de ses romans dont le prince Otto au grand hôtel en 1884. L'île a également accueilli Alexandre Dumas, Lamartine, Léon Tolstoï, et Saint -John Perse découvrit les îles de Giens.
     Un véritable bonheur, le paradis sur terre !

    "Je ne pensais pas pouvoir être si heureux" / Colette
     
    Reprendre à son compte la proposition de Nicolas Bouvier, raconter comment un moment fabuleux fut si intense, si présent que l’émotion ressentie reste encore présente en vous.
     
    Je me souviens de ce jour à la fois loin et si ancré dans ma mémoire où j’ai gardé pour la première fois ma petite fille, quelques heures durant.
    Pourtant elle avait dormi la plus grosse partie du temps, où mon fils me l’avait déposée.
    Elle était si jolie dans son petit transat, si frêle et souriante dans son sommeil, que les larmes me sont montées aux yeux, encore plus que le jour de sa naissance, où je n’avais peut-être pas encore réalisé quel immense cadeau nous avions reçu !
    Avant qu’elle s’endorme dans mes bras, elle a un peu pleuré comme tous les bébés puis s’est calmée et s’est assoupie.
    Ses rêves devaient être agréables car elle souriait dans son sommeil et il me vient en tête une photo d’un autre jour où ses parents l’ont surprise dans son sommeil remplie de merveilleuses choses, puisqu’elle était béatement souriante, sans doute repue, partie voleter dans les songes.
     
    Et cette après-midi d’hiver me fut un bonheur parfait, car même court, ce moment avait été si intense, cette communion avec ce petit être si grande, que j’avais encore les yeux brillants plusieurs heures après.
    Je lui avais parlé, lui disant qu’elle était belle comme un ange, comme la princesse qu’elle allait devenir.
    J’avais doucement embrassé le bout de ses doigts minuscules, n’osant pas lui donner un vrai baiser de peur de la réveiller et j’avais remercié cent fois son père de me l’avoir confiée, un jour d’hiver où il faisait gris.
     
    La lumière avait soudain envahi le salon, grâce à cette présence, cette vie minuscule, et mon cœur avait débordé de bonheur.

     

     PROMENADE DANS LE BOIS DE BROU-SUR-CHANTEREINE / Noëlla 

     
    J'ai choisi la deuxième proposition. Le bonheur et la marche sont indissociables pour Nicolas Bouvier. Faites le récit d'une marche où le paysage dévient un élément romanesque, une découverte poétique ou énigmatique.
     
    Métamorphose

    La voûte céleste se dévoile, immaculée d'étoiles de neige. 
    Je tourbillonne, tourbillonne, 
    Tourbillonne, au rythme des flocons.
    Les yeux clos, je m'abandonne pour être surprise.
    Surprise par la fraîcheur de leur caresse sur mon visage pour frissonner d'émoi.
    Je tourbillonne, tourbillonne, 
    Tourbillonne jusqu'à sentir mon corps chanceler, chavirer, ivre de bonheur.
    Immobile, je savoure le silence, blottie dans mon cocon neigeux.
    Pour exalter ce sentiment de béatitude, je fuis le temps, je m'égare.
    Je m'égare très vite. Les sapins tournoient autour de moi, se rapprochent, m'encerclent, me charme.
    Je m'égare, je m'égare de Bonheur.
     
    Deux heures vingt plus tard

    Mes lèvres frémissent, réveillées par le froid.
    J'avance à pas feutrés pour préserver le silence. j'aperçois le ciel assombrit, presque déçue.
    J'ai très envie que la cannelle, la noix de muscade et un soupçon de poivre, enflamment mes papilles, en dégustant un bon chocolat chaud. 

     

     LE BONHEUR DE LA MARCHE/ Patricia


    Je refermais la porte de la maison bleue. Elle me servait de refuge pour un temps transitoire, celui de petites vacances occasionnelles…
    Le paysage entourait de confort ce petit chalet savoyard. Il s’était recouvert d’un duvet blanc pendant la nuit, mousseux et volumineux pour la saison.
    Les pieds chaussés de mes meilleurs souliers, je me risquai à une longue promenade solitaire. La température oscillait sous le zéro entre moins dix et moins huit degrés. Il était encore trop tôt pour rencontrer d’autres complices marcheurs.
    Je me sentais sereine, comme un élément attendu, à peindre dans ce décor monochrome, petit étalon dérisoire d’une grandeur d’un paysage immaculé. Toute la nature semblait figée comme sur les cartes postales des Noëls d’antan.
    L’air respirait la nouveauté des traces blanches sur les arbres. Les formes improvisées jouaient les arabesques de l’écriture hivernale. 
    Connaissant la météo de la veille, mon sac sur le dos était garni de petites gâteries sucrées pour me revigorer et me permettre de marcher une bonne partie de la journée.
    Sur le chemin emprunté, à peine tracé, le sol glissant me donnait la posture d’un i bien couvert, bien droit. Il rythmait lentement mes pas incertains bien que mesurés.
    Je ne sais trop pourquoi, peut-être à cause du nom et de ma solitude, l’instant devenu précieux, me remémorait un film de toute enfance où l’héroïne Blanche Neige, perdue, tremblait d’effroi dans la forêt. Elle avançait, trébuchant, en imaginant être retenue par des branches ou bras d’êtres fantasmagoriques. Je n’avais pas particulièrement peur, j’étais plutôt impressionnée par la majesté des arbres redessinant leur présence. Pas du tout menaçant, ils étaient beaux, ornés d’entrelacs irréguliers jusqu’aux extrémités des leurs branches.
    Curieuse, fascinée, ma tête oscillait de tous côtés, levée et baissée par la beauté des cimes, intriguée par toutes les traces laissées par de petits animaux matinaux et celles de mes pas furtifs inscrivant délicatement mon passage.
     
                Le soleil se cacha longtemps derrière la montagne, puis demeura opaque sous les brumes hivernales. Il rayonna peu, juste le temps d’une petite collation, laissant l’atmosphère ouatée continuer à me câliner, à me protéger durant toute ma marche. Cela me rendait moins visible, laissant dame nature régner et se dévoiler au gré de mes avancés.
      Je peinais dans les montées, suffoquant et libérant les airs pollués hérités de ma ville. Les descentes prenaient des allures de sauvetage car je devais éviter les glissades un peu trop franches. Peu importait les difficultés du terrain, la magie des lieux m’envoûtait, me transformait, m’enivrait…
     
               Je ressentais le plus grand des bonheurs, celui d’être un parmi, associée, réunie, un tout unifié….
     

    Proposition d'écriture à distance du 5 février 2021
    Séance à distance du Vendredi 5 février (groupe Alain) et du lundi 8 février (groupe Patricia)


    Les Contraintes d'écritures
    « La contrainte d’écriture » est une technique littéraire qui consiste à donner des règles et des limites précises à son écriture. Par exemple :
    Le haïku est une forte contrainte d’écriture
    Originaire du Japon, cette forme de poésie est structurée en trois lignes respectivement de cinq, sept et cinq syllabes, comme nous l’avons déjà pratiquée ensemble. Si la contrainte d’écriture est plus courante en poésie, les romanciers n’ont pas oublié de l’utiliser également.
    Une bible récurrente obligatoire pour produire des séries…
    Quand on évoque les contraintes d’écriture, on peut penser aux scénarios d’une série de films ou de romans qui obéïssent à une « Bible » commune à tous les films ou tous les romans d’une suite.
    Les Maigret, les Poulpe, les PJ St Martin. (mêmes personnages récurrents, mêmes lieux de passages obligés comme le repas avec Madame Maigret, rythmes identiques dans le temps, nombre identique de tués dans chaque polar, découverte d’un terroir, de son histoire, nombre de relations, de coucheries, tics du personnage principal, les sandwiches de Bérrurier dans San Antonio, titres amusants……)
    J’ai écrit moi-même un Poulpe (Danse avec Loulou) et bien loin d’être une contrainte, les éléments obligatoires de la « bible » aident l’imaginaire. Quand on sèche, on revient dans une contrainte : le même café, le salon de coiffure, l’amante préférée…Les contraintes donnent un rythme et cadrent éventuellement l’histoire…
     


    Qui dit contrainte peut dire aussi OULiPo
    (OUvroir de Littérature POtentielle)

    Hervé Le Tellier

    Lauréat du Prix Goncourt 2020 pour le livre L’Anomalie, Hervé Le Tellier a permis de mettre en lumière l'OuLiPo, un atelier de littérature expérimentale à l'illustre passé, dont il est actuellement le président.
    Leur objectif : s'amuser avec les contraintes linguistiques et littéraires pour proposer des textes amusants et innovants.  Par exemple dans un livre collectif publié ensemble, Le Tellier a signé il y quelques années une nouvelle assez longue sur l’EAU… Et de se questionner au fil des pages : « il y a de l’eau dans l’Oise, il y a de l’eau dans l’Yonne, il y a de l’O dans la Somme, mais dans la Seine, non, il n’y a pas d’ « O » dans la Seine… Dans le Rhin, non plus d’ailleurs, dans la Marne pas davantage… »

    Petite histoire des Oulipiens (racontée sur France-Infos et retranscrite ici)
    « A l'automne 1960, un petit groupe de poètes scientifiques se rassemble autour du poète Raymond Queneau et de son ami le mathématicien François Le Lionnais, sous le nom d'"OUvroir de LIttérature POtentielle" (OuLiPo), littéralement atelier pour fabriquer de la littérature.
    Les Oulipiens sont des hommes et des femmes unis par l'amitié et par une même pratique des contraintes d'écriture, inspirées des mathématiques, de la versification et du jeu. 
    Loin de bloquer l'imagination, ces contraintes la stimulent. Palindromes géants (un mot qui se lit dans les deux sens comme le verbe « RASSURER ») haïkus de métro, tables de multiplication (Tables de nain) de Paul Fournel.
    Marcel Duchamp rejoint le groupe en 1962. En 1966, Raymond Queneau demande au poète-mathématicien Jacques Roubaud de le rejoindre. Puis c'est au tour notamment de Georges Perec (1967), Marcel Bénabou et Luc Etienne (1970), Italo Calvino (1973), Le Tellier en 1992. Le dernier entrant en date est l'écrivain espagnol Pablo Martin Sanchez, en 2014. 
    Premier écrivain du groupe à recevoir le Goncourt «si je n'étais pas membre de l’OuliPo, j’aurais sans doute écrit un roman très différent » a affirmé Hervé Le Tellier, le 30 novembre dernier La production des Oulipiens navigue entre sophistication et blague potache. Raymond Queneau, qui avait déjà écrit de 99 façons différentes la même histoire en 1947, publie en 1961 Cent mille milliards de poèmes, dans lequel chacune des strophes de dix sonnets se combine aux autres.
    On trouve également La disparition (1969) de Georges Perec, un roman de plus de 300 pages sans qu'une seule fois apparaisse la lettre "e", la plus utilisée en français, et son complément, Les revenentes (1972) où le "e" est la seule voyelle présente.
    Dans son roman protéiforme La Vie mode d'emploi (1978), qui se déroule dans un immeuble, Perec se fixe enfin comme contrainte de déplacer le lecteur dans l'immeuble en suivant les mouvements du cavalier sur un jeu d'échecs. Le "cheval" doit explorer les 100 cases de ce damier, sans jamais repasser par la même. »
    (éléments d’un reportage sur France-Infos)


    D’autres contraintes existent :
     
    – L’Abécédaire. Il s’agit d’un texte où les initiales des mots successifs suivent l’ordre alphabétique. Exemple : Inventaire : 
    A brader : cinq danseuses en froufrou (grassouillettes), huit ingénues (joueuses) kleptomanes le matin, neuf (onze peut-être) quadragénaires rabougries, six travailleuses, une valeureuse walkyrie, x yuppies (zélées)
     
    – L’Acrostiche universel : à partir d’un nom ou d’un mot donné, l’acrostiche est un poème qui compte autant de vers que ce mot compte de lettres, et dont le premier vers commence par la première lettre du mot, le deuxième par la deuxième, et ainsi de suite.
     
    Cinq manières d’utiliser les contraintes d’écriture pour devenir plus créatif
       
    Fixez un objectif de nombre de mots
    Imposez-vous un thème : le voyage, la ville, la science-fiction, le romantisme, etc…
    Limitez vos paramètres (lieux, espace spatial)
    Réduisez votre casting de personnages
    Limitez l’espace-temps 
    Portez votre contrainte sur le dispositif narratif (textes épistolaires construits avec des lettres, dialogues, répliques de théâtres) et le choix de narrateur.
     
    Exercice d’écriture proposé/ imposé 
    « Découvrir… Regardez sans cesse ailleurs ! » JEAN COCTEAU
     
    Avec trois propositions au choix :
     
    1/ Racontez une courte histoire de découverte et d’observation particulière, en suivant la contrainte de l’abécédaire expliqué ci-dessus.
    2/ La phrase de Cocteau est un incipit (le début, ça commence…) et vous continuez à accrocher vos mots derrières les siens.
    3/ Trois personnes se croisent et dialoguent entre eux :
    Monsieur Découverte, Madame Regard, et Monsieur Ailleurs… Essayez d’être drôle…

    Découvrir, regardez sans cesse ailleurs / Patricia

  • Regarder sans cesse ailleurs, ce reproche, elle lui faisait continuellement. 
  • - Tu pourrais t’occuper un peu plus de nous, t’intéresser à nous, ta famille, tes amis, à moi….
  • Elle ponctuait ce credo par quelques étranglements de la voix.
  • Je comprenais cette discorde. C’était toujours difficile, presque insupportable d’être avec lui et se demander constamment si Mathieu prenait conscience de notre présence. 
  • Mathieu n’était pas particulièrement personnel, ingrat ou insensible aux autres. Non, c’était un rêveur… Il vivait dans sa tête, mais son imaginaire semblait avoir besoin de support. Comme une palette de forme, un paysage, une silhouette, un objet familier, étaient les détonateurs d’une histoire, d’une rêverie, d’une musique aux résonances personnelles qu’il gardait comme un secret, un trésor. Sa tête se transformait, s’éclairait, son visage s’illuminait d’un sourire béat. Je me demandais souvent s’il se protégeait ainsi de toute intrusion qu’il devait concevoir comme une invasion. Mathieu était un être énigmatique et sa femme colérique, excentrique. Les deux s’étaient choisis ou associés sûrement par l’intermédiaire d’un cupidon aussi distrait et décalé que Mathieu.
  • La vérité et j’en étais souvent le témoin, était que Barbara avait particulièrement besoin d’attention. Elle s’ennuyait vite. Par tous les moyens, elle aimait se distraire ou parler pour échapper à ses obsessions. Son extériorité tapageuse avait nourri l’intériorité nuageuse de son mari.
  •  
  • L’anecdote que je vais raconter est une histoire vraie, vécue. Mathieu se trouvait comme souvent le soir au retour de son travail, assis sur un fauteuil, ravi de la crèche, expression utilisée par ses proches. Elle signalait par une image, une imagerie, l’ailleurs dans la tête de l’homme encore jeune.
  • Barbara, excédée, décida de réagir. Finies les querelles, les reproches, elle allait méthodiquement suivre un plan pour confronter Mathieu à sa personnalité fantasque, égocentrée et lui mener la vie dure.
  • Alors, un matin de décembre plutôt ombrageux, elle entreprit de déplacer chaque jour un élément du décor ou des ustensiles, dans leur maison. D’abord elle changea de place des objets utiles pour le quotidien. La lampe qui éclairait son fauteuil favori à la place de la télévision qui déménagea dans un placard. Le paillasson extérieur se retrouva au milieu du salon. Puis dans un rayonnage de la cuisine, les BD de Mathieu remplacèrent ses pâtes favorites….
  • Un capharnaüm s’installa dans toutes les pièces. Au début du deuxième plan, Barbara empilait des objets hétéroclites. Ces amoncellements restaient encore discrets pour garder une certaine harmonie dans l’appartement disait-elle. Les visiteurs amis ne devaient ni intervenir, ni commenter, ni questionner son mari.
  •  
  • Mathieu restait stoïque, mutique comme à l’accoutumée. La vie semblait continuer avec ses vicissitudes et ses petits bonheurs de tête. Au bout de quelques semaines, Barbara s’offusquait du peu de réaction de son compagnon. Il avait l’air de s’accommoder des idées farfelues de sa femme. Mathieu replaçait bien quelques objets, laissant d’autres amuser sa tête dans leurs incongruités. Alors dépitée, Barbara déclencha le troisième plan, celui ou toutes perturbations sensorielles, esthétiques, utilitaires devaient être visibles et handicapantes, en deux mots l’emmerder. Certes ! non ! La distraction, l’absence restaient les maîtres mots des préoccupations conscientes ou inconscientes de Mathieu qui continuait gentiment d’alimenter son imaginaire des nouvelles trouvailles de sa femme. Il était même fier d’elle, l’ayant souvent trouvé un peu trop terre-à-terre à son goût. 
  •  
  • Pour moi, le voisin témoin, le nouveau plan de Barbara me semblait trop destructeur, mais les faits m’ont contredit. Ce couple amant ennemi se rapprochait l’un de l’autre, jour après jour, dans une sorte de laisser faire Ubuesque et créatif, devenu récréatif. Depuis lors, dans un élan philosophique, je me suis donné comme devise : Apprenons à regarder ailleurs, à s’emparer du dérisoire…
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  • Découvrir, regardez sans cesse ailleurs / Cécile
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  • 1/ Abécédaire
  • Arrivée du bord comme dernière éventuelle fantaisie, je gravis la hauteur immense et joyeuse, plus que les kilomètres. La loyauté mène notre omniprésence aux actes. Pourtant, que ressentir sans trouble universel Voyons... Wxyz
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  • 2/ Découvrir, regarder sans cesse ailleurs…
  • Ailleurs, je regarde, et je ne vois que mon reflet. Je découvre en effet mille et un visages qui pourrait être les miens. Quant à l'observation de la nature, elle m'éblouie chaque jour de sa véracité lumineuse.
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  • 3/ Mr Ailleurs, Mr Découverte et Mme Regard
  • Madame Regard adore explorer les sensations de Monsieur Découverte. Monsieur Ailleurs, lui, est déconnecté et agit en conscience, oui, mais laquelle ?
  • Monsieur Découverte part en expédition régulièrement et déplore parfois un manque d'assurance. Madame Regard lui confie qu'à la vue de ses expériences, rien ne vaut le vécu.
  • Monsieur Ailleurs, toujours fidèle à lui-même, ne se pose pas la question, il est ailleurs.
  • Madame Regard observe le temps qui l'observe à son tour. Ce dernier passe et s'étiole parfois. Monsieur Découverte la fait vibrer et l'amène à se poser les bonnes questions. Car à force de s'aventurer, Monsieur Découverte s'est enrichi de compréhensions différentes de celle de Madame Regard. Monsieur Ailleurs, parlons de lui, est un peu celui d'entre nous tous. Parfois.
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  • DECOUVRIR ET AILLEURS, UNE FABLE / Joël

  • Je m'impose un thème, un lieu, trois personnages : la crue de la Marne et les animaux, Madame Regard, Monsieur Découverte, Monsieur Ailleurs
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  • - Mme Regard :
  • C'est inimaginable ! Le chemin que nous prenions pour se promener le long de la Marne est entièrement recouvert, ainsi que les bancs ou l'on se reposaient. Ça me rappelle l'année 1957 où la Marne avait atteint la hauteur de sept mètres avec des maisons inondées et des évacuations en barques.
  • - Mr Découverte : 
  • Chouette nous allons louer une barque et observer les animaux !
  • - Mr Ailleurs :
  • Moi je pense à toutes ces catastrophes dont celle de 2020 dans le sud, au très beau village complètement détruit de Vésubie.
  • - Mme Regard :
  • Regarder ces imbéciles, ils croient bien faire en donnant du pain aux canards et aux cygnes, c'est pourtant écrit en gros à plusieurs endroits que le pain les tue !
  • - Mr Ailleurs :
  • Ça me fait penser aux nouveaux touristes de la montagne cet été qui donnaient des friandises aux marmotte… Des inconscients ! 
  • -Mme Regard :
  • Oh la belle famille de canards, oh le vilain corbeau qui tente d'attraper un caneton, je ne savais pas qu'il était capable de cela ! Mais le papa veille et il échoue ce vilain corbeau. 
  • - Mr Ailleurs :
  • Ils ont de la chance, ils vivent en liberté, pas comme leurs congénères dans ses poulaillers industriels ou ils finissent en canard à l'orange. 
  • - Mr Découverte :
  • Vous connaissez le conte des trois petits canetons, Flic, Flac et Floc ? Ils ne voulaient pas suivre leur maman dans la mare pour nager et ils vont voir successivement les mamans poule, vache, cochon, chat, chouette qui leur demandent d'émettre le son qui les caractérisent chacun. À chaque fois, c'est un échec et ils finissent par accepter d'être des canards et suivent leur maman dans la mare…
  • - Mme Regard :
  • Oh les beaux cygnes !
  • - Mr Ailleurs :
  • Ce sont des canards qui se sont transformés en cygnes comme dans le conte de Pedersen ! 
  • - Mr Découverte :
  • Le zoo de Vincennes a été aussi inondé et des crocodiles se sont échappés. J'en aperçois deux là-bas sur la petite île. 
  • - Mme Regard :
  • Attention ils sont méchants ! Savez-vous qu'à l'origine ils étaient gentils selon un conte connu africain ? Voilà en résumé un jour un crocodile sauva de la noyade une petite fille et en guise de remerciement il demanda au père de lui jurer que lorsqu'elle serait adulte il la lui donnerait en mariage. Mais le père la mariera avec un notable et viendra tuer le crocodile. C'est ainsi que les crocodiles détestent les hommes. 
  • - Mr Regard :
  • Oh, regardez les pauvres castors et les ratons laveurs, l'eau a recouvert leurs tanières et leurs galeries. Comment vont-ils survivent ?
  • - Mr Ailleurs :
  • Regardez en face sur les arbres, une famille de hérons. Le mâle a un fromage dans son bec, il a dû le voler au corbeau ou à un renard, il y en a beaucoup dans le coin…
  • - Mr Découverte :
  • La nature est inspirante, Dans la forêt, la montagne, à la mer je sauve mon esprit et trouve mon âme, je vous propose chacun de nous réciter une citation, un poème que vous aimez…
  • - Mme Regard :
  • L'important pour être heureux, est de posséder ce qui ne s'achète pas :  l'amour, l'amitié, la gratitude, le pardon, la sérénité, et la conscience.
  • - Mr Ailleurs :
  • J'ai appris à attendre, à accepter, à respecter mais je n'apprendrais jamais à faire semblant d'être quelqu'un que je ne suis pas !
  • - Mr Découverte :
  • Ne vous découragez jamais, au moment même où la chenille pensait que le monde était fini, elle se transforma en papillon. 
  • - Mme Regard :
  •  Il y a quelque chose qui me désole, il y a plusieurs années de cela, on voyait beaucoup d'hirondelles, elles ont disparu.
  • - Mr Ailleurs :
  • Et les insectes ?
  • Avant quand on faisait un voyage assez long en voiture on avait des dizaines d'insectes morts collés au parebrise, c'est aussi terminé. 
  • - Mr Découverte :
  • Ils veulent mettre des barbelés autour de ma pensée, mais j'ai des hirondelles dans la tête, et elle seront toujours libres de voler, de voyager, de chanter...
  • - Mme Regard :
  • Rimbaud, Le Dormeur du val : C'est un trou de verdure où chante une rivière, un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, pâle dans son lit vert ou la lumière pleut, les pieds dans les glaïeuls, il dort. Il a froid, la main sur la poitrine, il a deux trous rouges au côté droit. 
  • - Mr Ailleurs :
  • La vie ne vous dit pas non, mais patience, tout finira par arriver, donner du temps au temps, nous permet de tolérer la frustration…
  • - Mr Découverte :
  • Sans écrire, la vie n'est juste pas possible !
  • - Mme Regard :
  • L'intelligence humaine n'est pas un algorithme, et cela n'est pas uniquement relié aux capacités de mémorisation…
  •  
  •  Abécédaire / Colette
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  • Proposition 1 : Abécédaire
  • Au commencement, Brutalement, Curieusement, Découvrir, Est-ce que, Franchement, Généralement, Honteusement, Il fallait Juste que le Koala, Lui seul, Minaude et Nargue Ou Peut-être que Raconter une fable, Savamment, avec Tact, sans Ululer, ce soit Véritablement, l’histoire d’un Wapiti Xénophobe, aux Yeux Zébrés.
  •  
  • Proposition 3 : Trois personnages dialoguent
  •  
  • En cette belle journée Mr Découverte voulait sortir en forêt admirer les arbres, les feuilles et les animaux qui étaient légions dans le secteur. Il appela Mr Ailleurs et Mme Regard pour qu’ils se joignent à lui.
  • Mme Découverte prit son panier, son canif, ses jumelles, et ajouta son siège portatif car elle pouvait rester des heures à l’affût mais protégeait son arrière-train et ses genoux.
  • Mr Ailleurs, lui, était parti en bord de mer, mais il rappliqua le plus vite que lui permettait sa mobylette à l’ancienne. Pendant ce temps, Mr Découverte et Mme Regard commencèrent leur progression dans les sous-bois. Ils regorgeaient de champignons, cachés souvent sous des fougères.
  • Mme Regard ajusta ses jumelles pour observer la beauté d’une mousse, d’un vert très particulier qu’elle venait de remarquer aux abords d’un chêne. Elle était douce sous la main, et Mme Regard en frémit d’impatience. Elle n’aimait rien tant qu’admirer les trésors de la nature et sous ses yeux grands ouverts s’offrait une myriade de couleurs, de textures, de formes étranges et si fabuleuses. Elle n’avait pas assez de ses deux yeux et de ses jumelles pour contempler ces merveilles.
  • Mr Découverte, lui aussi avait les mirettes en ébullition, et ses mains écrivaient, décrivant tout ce qui passait devant ses yeux et devinaient ce qui se cachait sous les feuilles ou à la cime des arbres. Il aurait bien voulu monter sur les branches pour s’offrir une vue plongeante mais ses jambes ne le portaient plus comme avant et il ne se risqua pas à faire de l’escalade.
  • Ils furent interrompus dans leurs travaux de fourmis par l’arrivée de Mr Ailleurs, qui avait la tête dans les nuages, craignant une ondée prochaine. 
  • -Dépêchez-vous, leur cria-t-il, ça va péter et ça va faire mal ! 
  • Ses deux amis n’étaient guère ravis de devoir cesser si tôt leurs travaux et continuèrent sur leur lancée.
  • - Vraiment, vous êtes toujours si inconscients. Je vous dis qu’un orage se prépare, voulez-vous vous prendre la foudre ou préférez-vous vous barrer ?
  • -  Quel rabat-joie vous êtes aujourd’hui ! répliqua Mme Regard
  • - Ah oui, ça c’est vrai, on ne peut plus découvrir en paix ? ajouta Mr Découverte, en soupirant sous l’effort.
  • Il venait de trouver des morceaux de tronc d’arbre d’un genre tout à fait exceptionnel et il n’entendait pas quitter les lieux sans en avoir découvert l’origine ou tout au moins enveloppé certains spécimens pour une étude plus approfondie une fois rentré chez lui.
  • - Tant pis, je rentre seul dit Mr Ailleurs d’un ton péremptoire, mais ne venez pas vous plaindre que je ne vous ai pas prévenus.
  • - Non, ne vous inquiétez pas pour nous, on a 1 tente et des couvertures de survies, des barres protéinés, on pourra faire face ! conclut Mr Découverte.
  • Mr Ailleurs était désespéré : pourquoi avait-il fait tant de chemin pour être témoin de l’entêtement de ses amis ?
  • Il remonta sur son engin et partit en le faisant pétarader.
  • - Ouf, dit Mme Regard, j’ai cru qu’il ne s’en irait jamais ! Ah, mon amour, venez avec moi sur les fougères, voyez comme elles sont douces !
  •  
  • Mr Découverte se lova contre sa chère amie et ils restèrent ainsi sous les arbres sans aucune peur de l’orage.
  •  
  •  
  • Exercice d’acrostiche 
  •  
  • Louise était gaie, ce jour-là
  • Elle devait rencontrer un bel homme
  • Gustave, un prétendant aux yeux bleus
  • Et à la carrière prometteuse
  • Ravie de la soirée qu’elle allait passer
  • En rouge se vêtit et s’observa
  • Toute impatiente de sa découverte
  • En joie elle était ce jour-là.

  •  HAÏKUS/ Noëlla
  •  
  • La mer
     
    Quand la mer veille
    Tous les poissons s'amusent
    L'hiver au soleil
     
    Bretignolles sur mer
     
    Le bleu Nuit
    Côté de lumière
    Roses trémières
     
    Mandala à la Parée, plage de Bretignolles
     
    Sable dessiné
    Jardinier de la mer
    Joie éphémère
     
     
    Acrostiches

    Neige

    Narcisse cristallisée
    Enveloppée
    Implore le soleil, belle
    Givrée, glacée
    Entravée
     
    La mer

    La mer veille
    Accueille le

    Mandala sur le sable
    Éveil méditatif
    Retouché par la vague
  • DECOUVRIR ET AILLEURS, ACROSTICHE / Odette

  • M ’émouvoir un instant
    En écoutant les oiseaux
    Revenir en enfance
    Voir ce petit ruisseau
    Élever le regard
    Imaginer des tableaux
    Les souvenirs sont là
    Les revivre, c’est beau
    Et cueillir les roseaux
    Utiles, ils sont pour faire
    Xylophone ou pipeau
     
    Revenir en arrière
    Évoquer les souvenirs
    Nostalgique et amère
    C’est ainsi que je suis
    Ouverte au monde
    Non, je ne le suis plus
    Tristesse, tu m’accables
    Rencontrer, je ne peux plus
    Engagée, je suis devenue
     
    Fanée en un instant
    Laisser-là sur pied
    Elle durera plus longtemps
    Unicolore ou bigarrée
    Remercier vous serez

  • ABECEDAIRE / Noëlla

  •                                                           Z
                            URGENCE
                                        A  N
                                        T
                                        U
                                        R
                                        E
     
     
    Abricotier, bougainvillier, cacaoyer, dialogue envisagé. Finalement gâché.
    Hiver imparfait. Jardins Kyoto, lilas, myosotis, Narcisse, ornent, partagent, questionnent.
    Rêvons sans temps mort. Urgence vacances, weekend X, yoga, zenitude.
                    
                                        A bientôt
                                            Chêne 
                                            Dragonnier
                                            Erable
     
                                            Fin !
    Ah non!
                                            Forsythia
                                            Genévrier
                                            Hibiscus
                                            If
                                            Jojoba
                                            Kaki
                                            Laurier rose
                                            Magnolia
                                            Noisetier
                                            Olivier
                                            Pin parasol
                                            Quinina rouge
                                            Rhododendron
                                            Sapin bleu
                                            Tilleul
                                            Ulmo
                                            Vigne
                                            Weigelia
                                            Xanthoceras
                                            Ylang ylang
                                                       Zelkovo
     

    Proposition d'écriture à distance du 22 février 2021 

    Jules Verne
    Romancier, dramaturge, poète, compositeur du 19ème siècle

    Jules Verne est né en 1828 à Nantes, et meurt en 1905 à Amiens.
    Destiné à reprendre la charge notariale de son père, il fait ses études de droit à Paris et écrit très précocement en poursuivant ses études.
    Il se cultive de littérature contemporaine : Alexandre Dumas, Alfred de Vigny, et dévore les drames de Victor Hugo.
    Il ne deviendra célèbre qu’à l’âge de 35 ans avec son premier roman cinq semaines en ballon qui rencontrera un grand succès, même à l’étranger.
    Grisé par ce succès, il refuse la charge d’avoué proposé par son père. D’une grande activité créatrice, il excellera dans des œuvres fantastiques et des récits de voyage extraordinaires.
    Son éditeur, Hetzel, l’incite à travailler d’une manière plus scientifique en lui proposant une littérature vulgarisant la science.
    Ses romans fantastiques et d’anticipation enthousiasmeront ses lecteurs. Son contexte romanesque s’inspire des modes de vie et des avancées scientifiques de la deuxième partie du XIX° siècle. Jules Verne écrira soixante-deux romans et dix-huit nouvelles, de nombreuses pièces de théâtre, des récits autobiographiques, des poésies, des chansons.
    Il fut adapté au cinéma, à la télévision, en bande dessinée, au théâtre, à l’opéra, en musique ou en jeux vidéos. Son œuvre est universelle, il est traduit dans de nombreuses langues, avec un total de 4751 traductions. Il vient au deuxième rang des auteurs les plus traduits au monde après Agatha Christie et devant Shakespeare.
    Antimilitariste dans sa jeunesse, ses opinions changent au fur et à mesure des contextes politiques (Guerre de 1870, Commune de Paris) et il devient militariste, colonialiste, impérialiste, réactionnaire…

    Quelques livres bien connus sur soixante-quatre romans publiés :

    -         1863 cinq semaines en ballon
    -         1864 Voyage au centre de la terre
    -         1865 De la terre à la lune
    -         1869 Vingt mille lieues sous les mers
    -         1870 Autour de la lune
    -         1873 Le tour du monde en quatre-vingt jours
    -         1875 l’île Mystérieuse
    -         1876 Michel Strogoff
    -         1879 Les tribulations d’un chinois en Chine
     

    Propositions d’écriture :
     
                1/ Faite évoluer un personnage de fiction dans un rodéo, un voyage, une aventure.
     
                2/ Incipit : Prenons de la hauteur…
     
                3/ Comme le Nautilus (*) si vous preniez l’eau, où arriveriez-vous ?
                 (*) Sous-marin imaginé par Jules Verne